Taubira sur Canal : "Je ne serai pas candidate aux primaires de la gauche"

Taubira sur Canal : "Je ne serai pas candidate aux primaires de la gauche"

EXPLICATIONS - Canal + a diffusé mercredi soir "Conversation secrètes" avec Christiane Taubira, une émission enregistrée samedi dont la diffusion a été avancée en raison de la démission de la ministre de la Justice. Elle y parle de sa probable démission, de son rapport à l'autorité, d'une primaire à gauche et de Manuel Valls.

Depuis l'annonce de sa démission mercredi matin, Christiane Taubira ne s'était pas beaucoup épanchée sur les raisons de son départ. Elle a simplement évoqué, en début d'après-midi, un "désaccord majeur" avec le gouvernement sur le sujet de la déchéance de nationalité pour les terroristes.

EN SAVOIR +
>> Revivez la dernière journée de Christiane Taubira au gouvernement

>> Les dessous de la démission de Christiane Taubira

C'est finalement dans une émission diffusée en soirée sur Canal+ , mais enregistrée samedi dernier, que l'icône de la gauche explique son départ du ministère de la Justice. En compagnie du journaliste Michel Denisot, l'ex-garde des Sceaux donne quelques détails sur ses motivations à partir.

 Sa démission
"Êtes-vous prête à défendre la loi sur la déchéance de nationalité ?" la questionne son interlocuteur. Réponse sans ambiguïté : "Non, je ne peux pas le faire. Du fait de mes convictions, et parce que j'estime que ce serait une tromperie de défendre une disposition qui n'est ni souhaitable ni conforme aux principes fondamentaux."

Va-t-elle démissionner ? Demande encore Michel Denisot. "Ce qui se pose, c'est [de savoir] comment la garde des Sceaux, chargée de la Constitution, peut être là alors qu'une disposition [de ce type] est introduite dans la Constitution". Et de préciser : "D'ici à la diffusion de l'émission, il est probable que le nœud soit défait". Sous-entendu : la démission.

 Son caractère
Christiane Taubira, dont les relations n'ont cessé de se tendre avec Manuel Valls, se dévoile aussi un peu sur son tempérament. "Je suis une personne avec son caractère", reconnaît-elle. Ou encore : "Il ne faut pas me chercher longtemps". L'ex-ministre explique qu'elle a "un faible particulier pour le fait de s'interroger sur l'obéissance". "Dire non, c'est penser", ajoute-t-elle, citant le philosophe Alain entre deux "bonjours" aux passants lors d'une déambulation à Paris. François Hollande ? "Il ne joue pas au patron". Manuel Valls ? "C'est le chef du gouvernement, oui", rit-elle, refusant obstinément de le présenter comme son patron. 

 La primaire à gauche
Dès l'annonce de son départ, certaines voix à gauche, dont celle de l'ex-ministre Aurélie Filippetti, se sont fait entendre pour évoquer - pourquoi pas - une candidature de Christiane Taubira à une éventuelle primaire de la gauche pour 2017. "Je ne serai pas candidate aux primaires de la gauche, je suis absolument sûre", répond, très claire, l'ex-ministre à la question de Michel Denisot.

 Les attaques contre elle
"J'apprécie la vie", clame Taubira. Et pourtant, concède-t-elle, "je suis à un moment très douloureux". Les insultes racistes ? "C'est très dur. Pour mes enfants, tous les jours entendre des horreurs, c'est violent. Mais ils veillent sur moi."

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques