Agression du député FN Ludovic Pajot : un des suspects condamné, l'autre à rejuger

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JUSTICE - L’un des individus qui a agressé le député FN, Ludovic Pajot, samedi dernier à Béthune, a été condamné mercredi à 6 mois de prison avec sursis. Le second devra en revanche être rejugé en raison d'un vice de procédure. Toutefois, la piste de l'agression de militants antifas a pris du plomb dans l'aile.

Un des auteurs de l'agression du député FN, Ludovic Pajot, dans la soirée du 7 octobre à Béthune, a été condamné à six mois de prison avec sursis ce mercredi par le tribunal correctionnel de la ville. Le tribunal a pris en compte le fait que Julien R., 29 ans, ignorait la qualité de député de Ludovic Pajot au moment où il l'a agressé à la sortie d'un bar, réagissant à un "sourire narquois" et un "mauvais regard" sous le coup de l'alcool. Devant la cour, il a joué profil bas : "J'ai fait n'importe quoi, une grosse connerie. Je boirai moins..."


En revanche, le tribunal a fait droit à la demande en nullité de l'avocate d'Antoine B., 28 ans, qui soulevait une infraction dans le code de procédure pénale. Celui-ci avait avoué savoir que Ludovic Pajot était élu FN au moment où il lui a donné un coup de pied dans les jambes et pourchassé, en vain, dans un bar.

Vice de procédure

"Il a vu sa garde à vue levée le 9 octobre, a reçu une convocation pour se présenter non pas libre devant le procureur, mais au commissariat le 11 octobre à 8h", a expliqué la présidente Sarah Hourtoule. "Le tribunal constate donc qu'il a été présenté au procureur de la République après avoir été présenté aux policiers et entravé", ce qui constitue une infraction à la procédure.


Dans les prochaines semaines, soit le parquet réinitialise la procédure en vue d'un nouveau procès, soit "on va faire une citation directe" pour s'assurer qu'il ait lieu, a prévenu Me Maxime Moulin, l'avocat du député FN, qui était présent à l'audience. Durant le procès, Antoine B. avait expliqué avoir agressé Ludovic Pajot "parce qu'il fait partie du FN", et que "ces idées me répugnent". Dans des propos relevés par Le Monde, il avait également présenté ses excuses : "Je suis désolé. S'il n'y avait pas eu d'alcool, il n'y aurait pas eu tout ça..."


Dimanche, Ludovic Pajot a dénoncé avoir "soudainement été pris à partie par un groupe d'individus dont certains se revendiquant de l'extrême gauche antifa", tandis que Marine Le Pen a demandé la "dissolution de ces milices d'extrême gauche". Mais la notion de violences en réunion n'a pas été retenue par le parquet face à ces agressions séparées dans le temps et l'espace, et aucun des deux prévenus n'est membre d'une organisation antifasciste.

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