Un rapport torpille la gestion de Balkany à Levallois

Un rapport torpille la gestion de Balkany à Levallois

ÎLE-DE-FRANCE - La chambre régionale des comptes s'apprête à publier un rapport, dont France Bleu révèle ce jeudi le contenu, sur la gestion de la ville de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) par Patrick Balkany. Et la liste des irrégularités relevées est longue.

Il a de nouveau été mis en examen le mois dernier dans l'enquête sur son patrimoine. Mais il n'y a pas que pour ses comptes personnels que Patrick Balkany doit se faire du souci. Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, révélé jeudi par France Bleu, cloue au pilori la gestion de la ville de Levallois-Perret, où il avait été pour la première fois élu maire en 1983.

Ce qu'on lui reproche : dette abyssale et comptes maquillés

On sait que la commune des Hauts-de-Seine détient le titre peu envié de "ville la plus endettée de France" (8344 euros par habitant en 2014). Mais le tableau dépeint par la chambre régionale des comptes a de quoi donner de nouvelles sueurs froides à ses contribuables. Le document de 192 pages, qui "étrille" le "système Balkany" selon France Bleu , dénonce ainsi des comptes insincères présentés par la municipalité entre 2007 et 2013, qui "ne donnaient pas une image fidèle de la situation financière" de la ville.

Au total, les opérations n'ayant pas été inscrites à son budget représentent un "oubli" de 117 millions d'euros. La chambre régionale révèle au passage que, contrairement à ce qu'il a toujours affirmé , Patrick Balkany avait bien contracté des emprunts toxiques, dont la renégociation a coûté plus de 17 millions d'euros à la ville.

Le problème ? Des avantages en nature très élevés et...Bygmalion

Mais ce ne sont pas les seules irrégularités pointées du doigt. Les juges régionaux, qui selon la radio mettent en doute la capacité de remboursement de Levallois face à sa dette abyssale – là aussi, en contradiction avec les affirmations de Patrick Bakany –, passent au crible les pratiques de la mairie. Responsables de l'administration particulièrement bien rémunérés (primes et heures supplémentaires irrégulières, voitures de fonctions indues...), conseiller "occulte", structure de communication "bis" subventionnée par la commune, qui dispose pourtant déjà de la sienne...

La chambre régionale met également son nez dans un marché de conseil en communication passé en avec Bygmalion, cette société mise en cause dans l'affaire du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Les juges estiment que l'appel d'offres "a cherché à favoriser l'attributaire", et qualifient "d'incertaines" les prestations que Bygmalion prétend avoir réalisé pour Levallois (une association locale a déjà porté plainte à ce sujet).

Patrick Balkany a fini par s'exprimer à propos de ces allégations. Comme il l'avait fait dans cette vidéo datant de 2010 – il disait, lors d'un conseil municipal, à propos des juges de la chambre régionale des comptes, avoir "peu de respect pour ces gens-là", Balkany a qualifié leur analyse de "fantasmagorique".

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