Vel d'Hiv : "Macron a la possibilité de réconcilier les mémoires", affirme le secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères

INTERVIEW - Invité de La Matinale de LCI, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a réagi sur la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv' et confirmé la nécessité impérieuse de Emmanuel Macron de "réconcilier les mémoires".

Ce dimanche 16 juillet a eu lieu l'anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv', ce 16 juillet. De la même façon qu'en 1995, Jacques Chirac avait reconnu la responsabilité de l'État français dans la collaboration, Emmanuel Macron a tenu à réaffirmer : "Oui, je le redis ici, c'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile". 


Interviewé dans La Matinale de LCI, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a confirmé la nécessité impérieuse de Emmanuel Macron de "réconcilier les mémoires" : "Il est d'une génération qui n'a pas connu ce conflit mondial, qui n'a pas connu non plus les conflits postérieurs coloniaux. Ainsi, il a cette possibilité de réconcilier les mémoires, de faire tout ce travail sur une part d'ombre dans notre histoire, de pouvoir dire les choses peut-être de façon très claire afin que ce travail de mémoire se fasse. Car les faits sont là."


S'agit-il d'une volonté de marquer l'histoire, à l'instar de Jacques Chirac ? Lemoyne assure que c'est plus simple, plus évident, en réaction à l'époque politique : "Emmanuel Macron n'est pas là pour laisser une empreinte. Ce qu'il a souhaité, c'est dire ce qui s'est passé. Dire ce qui a été. Au moment où un certain nombre de personnalités politiques dans le champ de l'extrême droite l'ont remis en cause." Une allusion latente aux récentes déclarations de Marine Le Pen

Emmanuel Macron, très impliqué face aux atrocités nazies

Ce dimanche, Emmanuel Macron se tenait devant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, les membres du gouvernement français, des responsables de la communauté juive et des rescapés des camps de la mort.  

Interrogé sur l'accolade entre le Président français et le Premier ministre israelien, Jean-Baptiste Lemoyne ajoute : "C'était une séquence avec beaucoup d'émotion, poignante (...) et tous les témoignages des survivants étaient très prenants. Le président de la République a fait un discours très fort et il était légitime que les deux hommes marquent, à travers ce geste, une empathie réciproque."


Il poursuit : "La France, depuis 1948, a accompagné Israël dans sa naissance. Après cette séquence très émouvante, il y a eu une réunion de travail. L'occasion d'évoquer tous les sujets chauds du moment dans la région du proche et Moyen-Orient entre la Syrie, l'Etat Islamique, la Crise du Golfe, l'Iran... Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels une concertation avec les pays importants de la région s'imposait." 


Depuis la fin avril, Emmanuel Macron s'est rendu à deux reprises à Oradour-sur-Glane, village dévasté par les soldats SS. Et il s'est recueilli au Mémorial de la Shoah et à celui des martyrs de la déportation, à Paris. 

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