Crise au Venezuela : le malaise de La France insoumise au sujet de Maduro

Crise au Venezuela : le malaise de La France insoumise au sujet de Maduro

DIPLOMATIE - Un tweet pro-Maduro publié par Jean-Luc Mélenchon en 2013 a refait surface sur Twitter. Parallèlement, ses collègues députés s'en prennent à la "désinformation" dans certains médias concernant cette crise et mettent en avant la violence de l'opposition. Comme Alexis Corbière, ce jeudi matin sur LCI.

Les doutes de La France Insoumise à l'heure où le Venezuela s'enfonce dans la crise. Plusieurs caciques du mouvement se sont exprimés pour dénoncer une "désinformation" de certains médias sur la situation dans le pays, où plus de 100 personnes ont été tuées depuis quatre mois. Une situation sur laquelle Jean-Luc Mélenchon, dont un tweet pro-Maduro publié en 2013 a été exhumé, demeure pour le moment discret.


Aurore Bergé, députée de La République en Marche, a été l'une des premières à ressortir des propos du leader de La France Insoumise, durant le week-end. Ils sont nombreux, depuis, à avoir fait de même sur le réseau social. Le 30 juillet 2013, Jean-Luc Mélenchon publiait en effet le message suivant : "Venezuela bolivarien est une source d'inspiration pour nous, nous saluons la victoire de Maduro !".

Moi, je préfère monsieur Chavez qui met la recette du pétrole au service de son peupleAlexis Corbière

Si le député n'a pas encore réagi,  son confrère de l'hémicycle Adrien Quatennens a en revanche donné son avis ce mardi à l'antenne de RTL : "À l'époque où l'on faisait l'éloge du Venezuela, il y avait une situation économique qui était beaucoup plus florissante qu'aujourd'hui. Il y a une politique redistributive très forte, le Venezuela a sorti beaucoup de gens de la pauvreté et cela nous inspirait." Même son de cloche ce jeudi à l'antenne de LCI, où le député Alexis Corbière a défendu la politique menée à l'époque par Hugo Chavez : "Dans les années 90 et même dans les années 2000, après que le pétrole a été nationalisé, ils ont fait reculer l’analphabétisme, ils ont donné l’accès à la santé à des millions de gens. Et ça c’est bon, à l’inverse des politiques libérales qui ont été faites avant. Moi, je préfère monsieur Chavez qui met la recette du pétrole au service de son peuple, qui fait sortir de l’obscurantisme, de l’analphabétisme des millions de gens, plutôt que l’inverse, j’ai le droit de le dire."

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Qui est Nicolas Maduro, le président vénézulelien contesté

"Nicolas Maduro a été élu, ce n'est pas une dictature"

Preuve de l'influence du modèle venezuelien sur les membres de La France Insoumise, Adrien Quatennens avait estimé mardi que Nicolas Maduro était "une source d'inspiration pour nous". Et d'ajouter : "On n'a pas d'un côté un camp qui mate son peuple, ça c'est pas vrai, on a une confrontation politique forte et on a une opposition qui est notamment aidée par l'international (...) On voit la violence éclater, mais sur les plus de 100 morts qu'il y a eu, plus de la moitié sont le fait de l'opposition".Et Alexis Corbière d'ajouter ce jeudi sur LCI : "Il faut que la presse raconte ça, la complexité des choses. C’est pas un gouvernement isolé contre tout un peuple dressé." De son côté, le député Eric Coquerel a estimé ce mercredi que "Nicolas Maduro a été élu, ce n'est pas une dictature", après la condamnation en ce sens de Washington.


Selon le Figaro, la crise au Venezuela embarrasserait cependant les rangs de La France Insoumise. Notamment car l'un des derniers rebondissements qui a (re)mis le feu aux poudres, à savoir l'instauration dimanche d'une Constituante, est un dispositif qui était au programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste d'ailleurs silencieux sur la situation dans ce pays qui entre dans son cinquième mois de contestation. Sa dernière intervention remonte en effet au 20 avril, au micro de BFM TV ; visiblement agacé, celui qui était alors candidat à l'élection présidentielle avait prévenu : "Ca suffit, cette espèce de doute que vous essayez d'étendre sur moi. (…) Expliquez-moi pourquoi vous et vos collègues dans tous les pays passez votre temps à interpeller les hommes comme moi, de ma famille politique, sur le Venezuela et Cuba ? Pourquoi vous ne parlez jamais du Yémen ?".


Toujours en avril, Jean-Luc Mélenchon avait expliqué avoir beaucoup parlé du Venezuela à une époque car il s'intéressait à la manière dont Hugo Chavez avait, selon lui, mis en place "un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres".  "Si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté", avait-il poursuivi, évoquant "un contraste absolument saisissant et fécond entre le partage de la richesse pétrolière au Venezuela et l'accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie saoudite où les pauvres gens n'ont accès à rien". Comparant les manifestations en cours au Venezuela à celles contre la loi El-Khomri de début 2016, il avait refusé à l'époque de demander le départ du président Maduro.

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