VIDÉO - "Fainéants", "gens qui ne sont rien", "illettrées"... quand Macron est accusé de faire du "mépris de classe"

ARCHIVES - Emmanuel Macron est au cœur d'une nouvelle polémique. Ses propos, tenus devant la communauté française d'Athènes ce vendredi, sur "les fainéants, les cyniques et les extrêmes" qui voudraient l'empêcher d'agir, n'ont pas manqué de faire réagir l'opinion. Certains y ont vu un mépris de classe pur et simple. Retour sur les sorties polémiques du chef d'Etat.

Qu'il soit ministre de l'Économie, candidat, ou désormais président de la République,  tout au long de sa (courte) carrière politique, Emmanuel Macron a multiplié les déclarations polémiques sur la "France d'en bas". Des propos qui poussent à croire, pour une partie de l'opinion en tout cas, que le chef de l'État pratique un certain "mépris de classe". 

"Les fainéants"

Ce vendredi, Emmanuel Macron a lâché une nouvelle formule choc. Face à la communauté française d'Athènes, il s'en est pris à ceux qui tentent de freiner son action. "Je serai d'une détermination absolue. Et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Et je vous demande d'avoir chaque jour la même détermination. Ne cédez rien", a-t-il clamé. "Les  fainéants", un terme fort qui n'a pas été du goût de tous. "Quel mépris pour ceux qui le nourrissent", s'est emporté Nicolas Dupont-Aignan. Marine Le Pen s'est elle aussi offusquée du terme, tout comme Jean-Luc Mélenchon, qui invite ces mêmes "fainéants" à descendre dans la rue les 12 et 23 septembre. Pour Pierre Laurent, le constat est simple : "Emmanuel Macron n'aime pas les Français".


Face à la polémique montante, l'Elysée a tenu à mettre les points sur les i. Le président n'a pas voulu désigner quiconque "ad hominem", nous a-t-on indiquer. Il parlait de façon "générale" de "tout ce qui n'a pas été fait en termes de réformes structurelles depuis quinze ans". Une explication qui n'a pas forcément convaincue.

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Macron fustige "les fainéants" et créé un (nouveau) tollé

"Les gens qui ne sont rien"

Le 29 juin, son discours d'inauguration de la station F à Paris, à l'inauguration du plus grand incubateur de start-up au monde, Station F, installé dans la Halle Freyssinet à Paris, ancien dépôt ferroviaire, avait lui aussi été remarqué. "Ne pensez pas une seule seconde que si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite, non. Parce que vous aurez appris dans une gare. Une gare, c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", avait déclaré le président de la République.

"Tabagisme" et "alcoolisme" dans le Nord

Candidat En Marche ! lors de la présidentielle, il avait aussi eu des mots malheureux en visite à Noeux-les-Mines, dans le Nord, en janvier dernier. Emmanuel Macron déclarait alors : "Après la fermeture des mines, rien n’a été fait. Il est très important de rendre hommage aux personnes qui y ont travaillé (...) l’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier. Tout comme l’échec scolaire. Il faut traiter cela en urgence afin de rendre le quotidien de ces personnes meilleur". 


Vivement critiqué, il a avait, par le biais de son compte Facebook, publié un communiqué corroborant ses propos : "Ces comportements ne viennent pas de nulle part (...) Quand un bassin de vie se paupérise, ses habitants sont frappés de plein fouet. Emmanuel Macron, conforme à sa volonté de nommer les choses et d'affronter la réalité, ne retire donc pas un mot de ce qu'il a dit".

"La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler"

Ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, s'est également fait remarquer. En déplacement à Lunel, dans l'Hérault, en mai dernier, le bras droit de François Hollande a été pris à partie par deux grévistes, des opposants à la loi Travail. "Si vous n'aimez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer ! (...) Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt : la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", avait-il lancé, agacé par les attaques verbales.

Les "illettrées" de Gad

On se souviendra aussi de sa première interview en tant que ministre de l'Économie sur Europe 1, quelques jours seulement après la polémique sur les "sans dents", associée à François Hollande. Sur la question des tarifs et délais d’attente du permis de conduire, que le gouvernement envisageait de réduire, Emmanuel Macron avait pris pour exemple la situation préoccupante des salariés des abattoirs Gad : "Dans les sociétés dans mes dossiers, il y a la société Gad : il y a dans cet abattoir une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées ! On leur explique qu'elles n’ont plus d’avenir à Gad et qu’elles doivent aller travailler à 60 km ! Ces gens n'ont pas le permis ! On va leur dire quoi ? Il faut payer 1.500 euros et attendre un an ? Voilà, ça, ce sont des réformes du quotidien, qui créent de la mobilité, de l'activité !".

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