VIDÉOS - Euro 2016 : Hollande, le 24e Bleu

VIDÉOS - Euro 2016 : Hollande, le 24e Bleu

NUMERO 24 - L’ouverture, vendredi soir, de l’Euro de football en France est l’occasion de rappeler que François Hollande, comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy, est un grand amateur de ballon rond. Plusieurs fois, au cours de son mandat, le chef de l’Etat s’est offert quelques respirations sportives, loin des tourments économiques et sociaux qui accablent le pays. Portrait du supporter numéro 1 des Bleus.

Il est le 24e joueur de l’équipe de France. En visite à Clairefontaine, le temple du football hexagonal, dimanche, à quelques jours du coup d’envoi de l’Euro 2016 sur le sol national, François Hollande s’est vu offrir un maillot des Bleus à son nom, frappé, donc, du numéro 24.

Un nouveau trophée à ranger dans sa vitrine pour le chef de l’Etat, par définition supporter numéro 1 de la bande à Deschamps, mais, au-delà, grand amateur de ballon rond.


La preuve, s’il en fallait, ce même dimanche dernier. Alors que le pays est balayé par les grèves et les intempéries, François Hollande s’est offert une respiration footballistique au micro de France Inter. L’occasion pour le locataire de l’Elysée de déclarer sa flamme au génie argentin, Léo Messi, mais également d’ériger le sport en leçon de vie - et de politique. "Jusqu'au coup de sifflet final, on ne sait pas ce qu'il va se passer. Rien n'est joué d'avance. Ce qu'on aime dans le sport, c'est soutenir les petits, que les outsiders l'emportent." Clin d’oeil appuyé à l’échéance 2017 qui approche à grands pas, le Président le plus impopulaire de la Ve République manie l’ironie : "Je me méfie du statut de favori. Il ne faut surtout pas avoir ce statut-là." Conseil d’expert.


Expert, François Hollande, qui se toutefois décrit comme un piètre footballeur, a su l’être sur le terrain. En février dernier, le chef de l’Etat, en visite en Argentine, a foulé la pelouse du mythique stade de la Bombonera, à Buenos Aires, se payant même le luxe de faire trembler les filets d’un plat du pied assuré - et sans gardien dans les buts. Le tout sous le regard de l’ancien attaquant des Bleus, David Trezeguet, Argentin d’origine et, ironie du sort, originaire de Seine-Maritime, comme François Hollande.


L'ex-buteur raconte : "Rouen, c'est un peu notre ville, notre équipe. Nous sommes supporters des Diables rouges. Il aime le sport, il aime le football. Il s'énerve par rapport au foot." Initié au "sport roi" par son grand-père, François Hollande intègre le club en 1967. Diable rouge à vie, donc, le chef de l’Etat admet pourtant avoir un penchant pour l’AS Monaco, "école du beau jeu" mais aussi pour le FC Nantes ou l'En-avant Guingamp. Mais, comme avec la météo, la chance n’est pas souvent de son côté : "Dès que je m'intéresse à un club, il chute", reconnaissait-il, le 29 janvier dernier, dans un long entretien accordée à la revue spécialisée Desports .

Dans la même interview, le résident de l’Elysée revenait également sur ses années de jeunesse. : "Le foot était la seule distraction possible, aussi bien dans le pensionnat où j’étais que dans mon milieu familial." Comme beaucoup de sportifs, Hollande gravit les échelons, uns à uns. En 1967, alors âgé de 13 ans, l’apprenti-footballeur passe même à l’antenne d’Europe 1 pour demander à Just Fontaine, "s’il allait garder la défense en ligne à laquelle il tenait beaucoup".

"On y a cru jusqu’au bout. Et on a pleuré à la fin"

Puis vint 1982, et le choc. A Séville se tient la demi-finale de la Coupe du monde. Un France-RFA historique, "l’attentat" du gardien Harald Schumacher sur Patrick Battiston, 3-3 à la fin du temps règlementaire, et un match qui s’achève sur une séance de tirs aux buts des plus cruelles pour les Bleus de Michel Platini. "Je m’en rappelle, se remémore François Hollande. J’étais chez Jean-Pierre Jouyet (actuel secrétaire général de l'Elysée, ndlr). On y a cru jusqu’au bout. Et on a pleuré à la fin."


Si François Hollande avait toutes les qualités, balle au pied, pour percer sur l’aile droite, c’est finalement en politique (et à gauche) qu’il se fera un nom : "J’ai préféré me ranger du côté des vrais spectateurs. Il ne faut pas confondre les genres", confiait-il, toujours à Desports. Il ne rechaussera les crampons que pour la bonne cause, comme en 2008, où il participe à un match en faveur de la lutte contre la maladie d’Alzheimer.


fan de Blaise Matuidi, critique de Karim Benzema

En 2012, alors qu’il est candidat à l’élection présidentielle, François Hollande reçoit Laurent Koscielny dans son fief de Tulle, dont le footballeur est originaire. A l’occasion, il se voit offrir un maillot des Gunners d’Arsenal, le club du défenseur international français, et démontre qu’il n’a rien perdu de son instinct au penalty.


Depuis qu’il s’est installé à l’Elysée, François Hollande, malgré les tempêtes qu’il traverse, garde un oeil sur les affaires du football : conseiller auprès de Michel Platini, soutien de Noël Le Graët, fan de Blaise Matuidi, critique de Karim Benzema, au plus fort de la polémique dans "l'affaire de la sextape". Outre quelques apparitions au Stade de France - il y était, aux côtés d’Angela Merkel, le tragique 13 novembre 2015 - on l’a vu se déplacer au stade Bauer de Saint-Ouen pour y défendre le Red Star, le club local aux racines ouvrières. Sans compter les projections des matches des Bleus qu’il organisait à l’Elysée lors de la Coupe du monde 2014, exultant sur les buts des joueurs de Didier Deschamps. Pour cet Euro en France, le chef de l'Etat a prévu d'être présent au stade pour tous les matches des Bleus . Quand il s’agit de ballon rond, l’homme prend le dessus sur la fonction.

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