VIDÉOS - Politiques chahutés au Salon de l'agriculture : les cinq leçons du maître Chirac

VIDÉOS - Politiques chahutés au Salon de l'agriculture : les cinq leçons du maître Chirac

C'EST MA TOURNÉE - Crise aiguë de la profession oblige, François Hollande ou Manuel Valls ont eu droit à un accueil mouvementé cette année au Salon de l'Agriculture. A l'opposé, voici comment Jacques Chirac, grand prêtre du Salon, s'y prenait pour réchauffer l'ambiance. Quelle que soit la conjoncture économique.

Un Salon de l’agriculture qui tourne au vinaigre. Sur fond de crise agricole et de grosse colère de la profession, François Hollande et Manuel Valls en ont fait les frais lors de cette édition 2016. Pour tenter de briser la glace, le chef de l'Etat aurait pu s'inspirer de la méthode de Jacques Chirac, qui avait un goût particulier pour l'événement. Et qui était bien accueilli, quel que soit le contexte économique : crise de la vache folle, réforme de la politique agricole commune ou autre chute des prix.

1 - Serrer "des milliers de mains"
C'est le propre de tous les politiques en visite au Salon de l’agriculture. Mais tout particulièrement de Jacques Chirac, qui, au fil des éditions, serrait "des milliers de mains", selon les commentateurs de l'époque. Comme il restait en moyenne près de 5 heures sur place, il prenait largement son temps pour ces contacts directs avec la foule et les exposants.


2 - Complimenter chaque exposant, un par un
C'était quasiment un tic de langage. Durant ses visites, Jacques Chirac passait son temps à complimenter les éleveurs. "Félicitations !" "Toutes mes félicitations !" "Une belle bête, elle pèse combien ?"


3 - Manger, boire, manger, boire
Qui, à part Jacques Chirac, peut ingurgiter en une matinée tour à tour un milk-shake, du saucisson, des fromages, de la bière, du vin, une liqueur… ? Qu'il fut Premier ministre, candidat, président ou retraité, Jacques Chirac n'a jamais oublié de manger ou de boire tout ce qu'on lui proposait dans les stands. Et à la fin, il n'oubliait jamais non plus, là encore, de féliciter. Dans le désordre : "Très bon !" "A votre santé !" "Tous mes vœux de réussite" "La meilleure pomme du monde !" A une journaliste qui lui demande, un jour, s'il n'a pas d'ingestion, Chirac répond simplement : "Non… J'aime bien les produits de la ferme".


4 - Faire de l'humour

C'est une constante de Jacques Chirac lorsqu'il rencontrait les agriculteurs : des petites blagues comme on tape dans le dos d'un camarade. Par exemple, se moquer gentiment des vaches d'un éleveur ("Les normandes c'est très très bien hein… C'est juste en dessous des limousines") ; marquer un panier de basket pour amuser la galerie ; jouer de sa réputation de buveur de bière en sirotant celle d'un producteur - "Je n'ai pas de bière préférée, c'est une légende qui a été créée, j'aime toutes les bières légères et blondes"… Ou encore, se lancer dans de grandes tirades, comme dans cette fameuse séquence : "Ce ne sont pas des bovins, c'est des chefs-d’œuvre !"


5 - Finir avec une généralité pour rassurer la profession

Après 5 heures de visite, Jacques Chirac était bien sûr appelé à s'exprimer sur le contexte de la profession. Une entreprise périlleuse et combien importante pour réussir sa visite, qui consiste à passer de la pommade sur la profession. Exemple en 1999, lorsque les agriculteurs s'inquiètent (comme souvent) de l'avenir de la politique agricole commune européenne. Jacques Chirac dit alors : "L'affaire est loin d'être réglée, mais les paysans français peuvent être assurés de ma détermination à défendre leurs intérêts légitimes." Un modèle du genre. En 2001, rebelote en pleine crise de la vache folle. Le Président n'hésite pas à prendre le parti des éleveurs contre les préconisations des autorités sanitaires qu'il accuse d'irresponsabilité. Ça mange pas de pain...

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