INFO LCI - Croix de Valérie Boyer sur France 2 : le CSA reçoit une vingtaine de signalements

POLÉMIQUE – Le CSA a reçu lundi 21 signalements après que Valérie Boyer, la porte-parole de François Fillon, a mis une croix autour de son cou sur France 2 dimanche soir. Pourtant, selon l'Observatoire de la laïcité, interrogé par LCI, il ne s'agit pas d'un "signe religieux ostensible" contrevenant aux règles de la laïcité. Explications.

La croix portée par Valérie Boyer sur France 2 dimanche soir n'en finit plus de faire réagir. Selon nos informations, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait en effet reçu lundi soir 21 signalements de télespectateurs sur une éventuelle infraction à la législation sur le port de "signes religieux ostensibles".


Retour sur le faits. Nous sommes à la fin de la  soirée électorale dimanche soir sur le service public. Valérie Boyer, porte-parole de François Fillon, fait sa tournée des plateaux TV pour commenter la victoire de son candidat à la primaire de la droite et du centre. Quand apparaît une croix. Plus précisément, une croix arménienne (qui représente la nature divine du Christ), portée en pendentif autour du cou de la députée des Bouches-du-Rhône. Il n’en fallait pas plus pour déclencher un torrent de réactions sur les réseaux sociaux, à commencer par le tweet de l'essayiste Caroline Fourest,  fustigeant "le retour des signes religieux ostensibles".

"Ostensible", vraiment ? Pour le savoir, LCI a demandé son avis à l’Observatoire de la laïcité, qui dépend de Matignon. Contacté ce lundi, son rapporteur, Nicolas Cadène, tient à faire un point sur la terminologie. Car le mot "ostensible", s’il est bien utilisé dans les décisions du conseil d’Etat, ne vaut que pour l’interdiction des signes religieux à l’école ou sur les bancs des établissements scolaires publics. Ce qui était donc loin de concerner Valérie Boyer, présente dimanche soir sur un plateau télévisé.

Valérie Boyer "dans son droit"

"Valérie Boyer était dans son droit dimanche en portant ce signe religieux" estime Nicolas Cadène. "Aux yeux de la loi, seuls les agents publics, représentant l’Etat ou l’administration, ont interdiction de porter un signe manifestant leur appartenance religieuse. De leur côté, c’est seulement lorsqu’ils participent à des cérémonies religieuses que les élus de la République doivent se garder de tout signe d’adhésion à quel culte que ce soit." Et en effet, pour appuyer cet argument, on se souvient notamment d’un arrêt de la Cour de cassation, en septembre 2010, jugeant discriminante l’attitude d’un maire qui avait interdit à une élue, pendant un conseil municipal, de prendre la parole au motif qu’elle portait une croix autour du cou. 


Ce qui pourrait poser question n’est donc pas le pendentif en lui-même. Mais plutôt la "laïcité à géométrie variable" dont a été rapidement accusée par certains celle qui le porte autour du cou. 

En avril 2016, lors d’une séance de questions au gouvernement, Valérie Boyer avait en effet décrit le voile comme un "enfermement dans le sexe", une "négation de la personne", un "interdit de liberté". Puis, dans un tweet, quelques mois plus tard, elle qualifiait son port comme "un signe d’allégeance à notre ennemi".  

Pour se justifier,  Valérie Boyer a elle-même établi, à demi-mots, un parallèle. Interrogée par France Info Plus, elle a ainsi estimé, à propos de sa croix, qu'il n’y avait "pas de commentaire à faire parce que ce n’est pas un symbole d’oppression, bien au contraire".

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