Gauche, droite, centre, FN : ce que la victoire de Fillon va changer

Fillon candidat de la droite pour 2017

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STRATÉGIE - François Fillon a surpris tous ses adversaires en remportant la primaire de la droite et du centre. La majorité des partis avaient potassé leurs arguments contre le représentant LR en pensant qu'il s'agirait de Nicolas Sarkozy ou d'Alain Juppé. Que change cette désignation du député de Paris pour la gauche, le centre, le FN ou même les autres candidats de droite ? LCI fait le point.

Presque tout le monde en était sûr, à commencer par François Hollande : le vainqueur de la primaire de la droite et du centre serait Alain Juppé (ou Nicolas Sarkozy). Mais les électeurs en ont décidé autrement et ont donc désigné François Fillon. De quoi remettre en cause les stratégies d'attaque de ses adversaires. 


Si l'on en croit les premiers sondages publiés dans les heures qui ont suivi son investiture, François Fillon sera pour eux un concurrent redoutable. Il arriverait en tête au premier tour de la présidentielle face à Marine Le Pen, et gagnerait largement face à cette dernière au second. Alors que va changer cette désignation à droite, à gauche, au centre et au Front national ?

Au FN

Depuis le premier tour de la primaire,  le Front national fait feu sur François Fillon. Alors que l'ancien Premier ministre réduit son espace politique avec son projet très à droite, le parti frontiste s'attache à fustiger le programme du candidat de la droite, "absolument dramatique" selon Marine Le Pen. Pour certains marinistes, la candidature de l'ancien Premier ministre peut cependant être un avantage pour la candidate FN car son programme économique de coupes dans les dépenses publiques pourrait rabattre vers le FN l'électorat populaire, notamment de droite. Marine Le Pen va aussi s'atteler à discréditer son adversaire auprès de l'électorat de droite sur les volets sécurité, immigration, souveraineté. Elle s'attachera aussi à le désigner comme un "clône" de Nicolas Sarkozy, responsable lui aussi du bilan du quinquennat 2007-2012. 


Mais le député LR provoque aussi des inquiétudes internes, exprimées par Marion Maréchal-Le Pen. Mercredi, elle avait ainsi admis le "danger" que représentait pour le FN ce qu'elle qualifiait d'"escroquerie électorale"  sur le plan sociétal ou sur les relations internationales. La députée du Vaucluse estime que Fillon peut attirer à lui les réserves électorales que le FN vise à droite plutôt qu'à gauche. En effet, ses positions sur l'adoption plénière des couples homosexuels et sur l'immigration ont de quoi séduire un électorat FN qui ne serait pas allé vers Alain Juppé et son "identité heureuse".

JT 13H - A Carpentras, ces électeurs FN séduits par François Fillon

À gauche

François Fillon, avec ses idées très à droite, semble être l'adversaire parfait pour la gauche. Frédéric Dabi, politologue à l'Ifop, estime ainsi qu'il est "capable de refabriquer du clivage droite-gauche avec un positionnement droitier et libéral quand Juppé, moins dur sur les questions de société, pouvait faire figure d'attrape-tout pour les déçus de la gauche et de Hollande". 


C'est à coup sûr là-dessus que jouerons les candidats de la gauche. Benoît Hamon a averti son camp : il "souhaite que la gauche se choisisse un candidat au projet de gauche sans équivoque (…) face à une droite assumée". Dans le JDD, Manuel Valls a admis que François Fillon représentait un "adversaire très sérieux pour la gauche". Avant d'esquisser un angle d'attaque, évoquant son "programme ultralibéral et conservateur, dur avec les modestes, et généreux avec les plus riches". 


Mais pour Frédéric Dabi, la "bonne surprise" Fillon est à nuancer : "la division, la balkanisation, l'implosion de la gauche font qu'en définitive, pour elle, Fillon ou Juppé, ça ne change rien à l'affaire". 

Au centre

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui a soutenu Alain Juppé pendant la campagne, a félicité dimanche soir François Fillon. Pas opposé à une alliance avec le député de Paris, il proposera mardi à ses troupes d'engager "une discussion pour élaborer un projet législatif commun, notamment sur l'Europe, l'éducation, l'emploi, la sécurité sociale et l'environnement". D'autres centristes, en revanche, ne rejoindront sûrement jamais les rangs LR derrière François Fillon. Rama Yade, candidate déclarée depuis plusieurs mois, s'est dimanche soir autoproclamée "candidate des centristes". D'autres pourraient faire le choix de rejoindre Emmanuel Macron, à l'instar de l’ancien ministre de l'Economie et fondateur de l'Alliance centriste Jean Arthuis, ou encore de certains militants de l'UDI Jeunes. 


Reste l'inconnue François Bayrou, qui avait annoncé qu'il se présenterait si Alain Juppé n'était pas désigné candidat. Le président du Modem a émis des doutes sur le programme de Fillon : "Ce programme pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société, qui vont apparaître dans les semaines qui viennent. Ces questions devront trouver réponse" a-t-il déclaré. Tout en ajoutant qu'"au-delà du résultat de cette compétition, le rassemblement demeure la condition même de l'alternance en 2017".

À droite

Le candidat désigné lors de la primaire de la droite ne sera pas le seul représentant de la droite à la présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, s'est lui aussi déclaré pour avril 2017. Et selon lui, l'investiture de Fillon, qui pourrait représenter "une menace", n'en est pas une. "Les quatre millions d'électeurs (qui ont voté pour Fillon) ne sont pas les Français. Les Républicains se sont choisis un homme honorable. Mais ce n'est pas parce que l'homme est honorable que ses solutions sont efficaces. Et je suis en désaccord total avec son projet économique et social qui déclasserait massivement" avait-t-il déclaré à l'inauguration de son QG le 22 novembre. Pour affirmer sa différence, Dupont-Aignan défendra, selon lui, la liberté et la souveraineté de la France, notamment face à l'Europe. 

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