Qui est Patrick Stefanini, l'homme de l'ombre qui veut faire gagner François Fillon, après Chirac et Pécresse ?

PRÉSIDENTIELLE - Selon nos informations, Patrick Stefanini va quitter la Direction générale des services de la région Ile-de-France pour se consacrer à la campagne de François Fillon. Mais qui est ce directeur de campagne, artisan de cette victoire surprise à la primaire de la droite et du centre après avoir servi avec succès auprès de Jacques Chirac puis de Valérie Pécresse ?

C'est l'ironie de l'histoire. En septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait demandé la tête de Patrick Stefanini à la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. L'ancien chef de l'Etat jugeait alors qu'il ne pouvait pas faire la campagne de François Fillon tout en restant son directeur général des services (DGS). Cette dernière avait refusé net. Trois mois plus tard, alors que Nicolas Sarkozy quitte la scène politique, c'est Patrick Stefanini lui-même qui prend tranquillement cette décision, sans pression aucune.


Selon nos informations, cette figure de la droite a en effet demandé, lundi matin, à Valérie Pécresse de le libérer de sa mission à la DGS afin de se consacrer pleinement à la direction de la campagne de François Fillon pour la présidentielle. L'ancien préfet de Gironde, artisan de la victoire surprise de l'ancien Premier ministre à la primaire à droite, est également pressenti pour jouer un rôle important au sein de la nouvelle organisation post-Sarkozy, en tant que directeur général du parti Les Républicains. Son rapprochement avec François Fillon remonte à 2013. Il avait auparavant sollicité Alain Juppé, dont il est proche, mais à l'époque, le maire de Bordeaux ne lui avait pas fait connaître ses ambitions présidentielles.

Un incontournable des grandes batailles électorales

Qui est donc Patrick Stefanini ? A 63 ans, ce haut fonctionnaire aligne une longue carrière à mi-chemin entre l'administration et la politique. Diplômé de l'ENA en 1979, chef de cabinet du ministre délégué à la Sécurité Robert Pandraud à la fin des années 1980, cette figure du chiraquisme a surtout été un proche conseiller d'Alain Juppé lorsque ce dernier est entré à Matignon en 1995. Il s'est essayé lui-même à la politique, devenant conseiller régional d'Ile-de-France entre 1998 et 2004 après avoir échoué aux municipales à Nice (1995) puis aux législatives à Paris (1997, puis encore en 2002). Comme Alain Juppé, il a connu un trou d'air en 2004, condamné dans la même affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Cela ne l'empêchera pas, trois ans plus tard, d'être l'un des artisans du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale voulu par Nicolas Sarkozy. Sous le mandat de ce dernier, il a été successivement préfet d'Aquitaine et de Gironde, jusqu'à l'alternance de 2012. 


Mais c'est surtout son action au service des grandes batailles électorales réputées difficiles qui retient l'attention. Patrick Stefanini fut ainsi l'artisan de la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle en 1995, de celle de Valérie Pécresse aux élections régionales de 2015, avant donc de conduire François Fillon à la victoire de primaire à droite ce week-end. Un palmarès qui peut aider à comprendre pourquoi on le réclame tant aujourd'hui.

Bosseur et constant

"Il a une capacité de travail colossale", assure le sénateur LR Roger Karoutchi, qui l'a cotoyé notamment au conseil régional d'Ile-de-France. "Il peut absorber immédiatement les dossiers." Et surtout, "il a un sang-froid rare, et reste peu sensible à la conjoncture. Cela rassure beaucoup les candidats. Quand on décide d'une ligne en début de campagne, on s'y maintient, malgré les sondages ou les mauvais papiers". Un atout qui semble avoir profité à François Fillon, justement crédité pour sa constance durant la primaire. 


Dans l'entourage de Valérie Pécresse, on loue aussi ses talents de chef d'orchestre. "Il est capable d'animer une campagne dans son organisation, mais aussi sur le fond des dossiers". A la tête de l'administration régionale, Patrick Stefanini a notamment mené les deux grands chantiers de la nouvelle majorité, le déménagement du conseil régional en banlieue et la réorganisation des services, soit "90% du programme en dix mois". 


"Dans une élection, il y a toujours une surprise", assurait, en juillet, l'intéressé à l'AFP, alors que son candidat plafonnait à 10% dans les sondages. Sa mission désormais : propulser le nouveau champion de la droite jusqu'à l'Elysée dans six mois. Patrick Stefanini aurait pu se réjouir quel que soit le vainqueur de dimanche. Selon nos informations, cette perle rare aurait aussi dirigé la campagne d'Alain Juppé si ce dernier avait remporté la bataille de la primaire. 

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