Primaire de la gauche : et si c’était une femme qui se lançait en cas d'abandon de Hollande ?

PRÉSIDENTIELLE 2017 - Alors que les socialistes s'interrogent sur le bien-fondé d'une nouvelle candidature de François Hollande à l'Élysée, plusieurs ministres ou ex-ministres se posent en alternative. Et plusieurs noms de femmes émergent. Notamment ceux de Ségolène Royal et Najat Vallaud-Belkacem.

Hollande out ? Depuis la sortie du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…, le PS s’interroge sur la capacité du chef de l'Etat d’être candidat à sa succession. Face au discrédit suscité par ces confidences présidentielles, la galaxie socialiste réfléchit donc à un plan B dans l’hypothèse où il serait contraint de renoncer.


Le nom de Manuel Valls est évoqué par divers parlementaires. Son statut de Premier ministre et sa popularité dans l’opinion font en effet de lui un candidat de substitution tout à fait légitime. Le locataire de Matignon cache d’ailleurs de moins de moins le fait de se préparer à cette éventualité. Mais il n’est pas le seul à lorgner sur l’Élysée.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, examine avec attention la situation. Loyale à l’égard de François Hollande, elle attend de connaître le choix du président pour envisager quoi que ce soit. Mais en cas de renoncement, elle ne s’interdira rien.

La perspective d’un duel Valls-Montebourg ne l’enchante guère. "Entre une ligne tout identitaire et une ligne trop dirigiste, il y aura besoin d’une troisième voie. Il ne s’agit pas d’un enjeu personnel mais de défendre une ligne social-réformatrice", plaide l’un de ses proches. Au sein du PS, cette candidature pourrait d’ailleurs recueillir l’assentiment des anti-Valls, silencieux depuis quelques mois mais toujours nombreux.

Najat Vallaud-Belkacem jure ne pas y penser...

Ce n’est pas la seule femme du gouvernement dont le nom revient avec insistance en cas de forfait de François Hollande. D’insistantes rumeurs persistent autour d’une candidature de Najat Vallaud-Belkacem. La ministre de l’Education nationale jure pourtant ne pas y penser, se disant certaine que François Hollande sera quoi qu’il arrive candidat à sa succession.

Pourtant, depuis plusieurs semaines, la ministre multiplie les apparitions médiatiques et, surtout, n’hésite plus à prendre position sur des sujets qui sortent de son champ gouvernemental. En août, sa sortie sur le burkini, en réponse à Manuel Valls, était ainsi une manière de rappeler à sa famille politique qu’elle a ses propres convictions et qu’elle entend bien les défendre.


Il y a quelques jours, le député PS Patrick Mennucci a également invité ses camarades à réfléchir à une candidature de Ségolène Royal. "Il faut qu'elle sache que beaucoup de dirigeants sont prêts à l'accompagner", assure le député des Bouches-du-Rhöne. L'ancien député européen écologiste Daniel Cohn-Bendit en est persuadé : "Si Hollande ne se présente pas, elle se présentera contre Manuel Valls Elle le hait. Ce sera la bravitude contre le républicanisme du coup de menton et le national-patriotisme de Montebourg", a-t-il affirmé mardi à la Tribune de Genève.


L'expérience et la popularité à gauche de Ségolène Royal sont indéniables, mais son statut d’ancienne compagne de François Hollande sera à coup sûr un handicap trop lourd à porter lors de la présidentielle et surtout une arme offerte à la droite et au FN. A gauche du PS, l'idée d'une seconde candidature à la présidentielle de "Ségo" est en tout cas  accueillie avec ironie. "C'est un peu Retour vers le futur ! On a l'impression d'un parti qui est comme un disque rayé, avec toujours les mêmes personnes qui reviennent", raille une députée.


Enfin, n’oublions pas Christiane Taubira. Elle a certes quitté le gouvernement et reste relativement discrète en ce moment. Ce n’est pas pour autant qu’elle compte faire de la figuration au cours de la primaire de la gauche puis lors de la présidentielle. Elle aussi attend la décision du chef de l’État pour abattre ses cartes. "Si François Hollande est candidat à la primaire, je le soutiendrai. S'il ne l'est pas, je me lancerai", aurait dit l’ancienne garde des Sceaux, rapporte le journaliste Cyril Graziani dans son livre Le premier secrétaire de la République. Une phrase démentie à la sortie du livre. Mais pas encore dans les faits… 

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