Primaire à gauche : Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, frères d'armes

2017 : la bataille de la gauche

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COMPLICES - Depuis leurs débuts au Parti socialiste, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont fait un long chemin ensemble. Tantôt en concurrence, tantôt dans le même combat, les deux anciens ministres ont toujours su se retrouver. Zoom sur leur relation alors que le moins connu a fini par distancer son vibrionnant aîné.

Ils ont longtemps été donnés au coude-à-coude pour le premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste. Mais dimanche 22 janvier, Benoît Hamon, peut-être le plus sage de ce duo, a laissé Arnaud Montebourg sur le carreau en réunissant 36,5% des suffrages, contre 17,5% pour son compère.


L'occasion de revenir sur la relation entre les deux compères. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont longtemps tracé leur route ensemble. Après la défaite traumatisante de Lionel Jospin en 2002, Arnaud Montebourg veut bousculer le parti. C'est dans ce but qu'il en créé un nouveau : le Nouveau Parti Socialiste. Benoît Hamon, mais aussi Vincent Peillon, rejoignent le mouvement sans hésiter. Ils partiront ensemble contre le patron du PS, François Hollande. "Il y a vraiment eu une vraie fraternité d'armes dans cette période-là", se souvient Christian Paul, soutien de l'ambassadeur du "Made in France", lui aussi membre fondateur du NPS.

Deux ministres complices

La route des deux candidats se sépare lors de la primaire, en 2011. Alors qu'Arnaud Montebourg est candidat, Benoît Hamon soutient Martine Aubry. Leur désunion ne dure cependant pas longtemps. La victoire à la présidentielle acquise, ils se retrouvent tous les deux au sein du gouvernement de François Hollande, le premier au Redressement productif puis à l'Economie, le deuxième à l'Economie solidaire puis à l'Education nationale. 


Les deux ministres, qui progressent au gouverment en même temps qu'un certain... Manuel Valls, entendent faire peser l'exécutif à gauche. Las ! Les orientations libérales prennent le pas sur leurs velléités et les deux ministres finissent par lâcher leurs coups. Le climax de leur "rébellion" aura lieu fin août 2014, à la fête de la Rose, dans le fief d'Arnaud Montebourg, où les deux complices se chargent de dire à voix haute ce que les électeurs socialistes n'ont pas vu dans la première moitié du quinquennat Hollande. Une sortie qui leur vaudra de sortir du gouvernement quelques jours plus tard.

"Le peuple tranchera"

Au soir du premier tour de la primaire, alors que Benoît Hamon concentre désormais seul les espoirs de sympathisants de gauche agacés par la politique économique et sécuritaire menée par Manuel Valls lors de son passage à Matignon, Arnaud Montebourg a clairement donné sa préférence à Benoît Hamon. 


Un changement lourd vis-à-vis de ce que donnaient l'essentiel des sondages sur le scrutin, qui avaient fait de lui le deuxième homme... derrière Manuel Valls. Alors qu'il était donné distancé par son ancien collègue du gouvernement, Benoît Hamon avait confié : "On est restés amis en dépit de désaccords politiques [...] Vous savez, on a un immense avantage : c'est qu'à la fin, il y a un souverain. Le peuple va trancher nos débats". Le peuple a tranché, et les alliances des uns pourraient bien faire le malheur des autres au second tour. Car Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont toujours su s'unir pour affronter leur ennemi commun.

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