Primaire de la gauche : Hamon/Valls, deux hommes que tout oppose

DUEL - Benoît Hamon et Manuel Valls, qualifiés ce dimanche soir pour le second tour de la primaire de la gauche, s'opposent sur de nombreux points politiques. Mais ce sont aussi deux personnalités, deux tempéraments, qui se défient pour porter la gauche.

Manuel Valls et Benoît Hamon, une affiche inattendue pour qui n'a pas suivi la primaire de la gauche, s'affrontent ce dimanche pour être désigné candidat du PS en vue de la présidentielle. Mais le duel renvoie à un passé plus lointain, dans les années 80, quand le premier était membre du cabinet de Michel Rocard, quand l'autre militait au Parti socialiste. Leur point commun ? L'ancien Premier ministre Michel Rocard, chantre de la deuxième gauche, qui se voyait en successeur de François Mitterrand.

Unis dans les années 80, frères ennemis en 2008

Les deux finalistes continuent leur chemin chacun de leur côté, Benoît Hamon chez Martine Aubry, Manuel Valls chez Lionel Jospin. Mais c'est la défaite de 2007 qui va les propulser vers la lumière. En 2008, une campagne fratricide pour le contrôle du PS les oppose déjà : Manuel Valls prend le parti de Ségolène Royal, candidate défaite à la présidentielle en 2007, quand Benoît Hamon roule pour sa casaque, avant de rallier la motion de Martine Aubry, qui lui confiera le porte-parolat du PS.


La victoire de François Hollande les rassemble à nouveau, de la scène de la Bastille où est célébré le retour de la gauche, jusqu'au gouvernement, où Valls prend l'Intérieur, et Hamon, l'Economie sociale et solidaire. Puis, après un pacte entre les deux impétrants et Arnaud Montebourg, dans l'espoir d'une inflexion de la politique sociale-libérale alors à la mode, l'ancien patron du Beauvau est promu à Matignon, et l'auteur de la loi de défense des consommateurs, à l'Education nationale.

La politique... et l'attitude

C'est là que leur chemin se séparera définitivement, après que Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont pris acte de l'absence d'inflexion espérée et critiquent vertement la politique économique du gouvernement, fin août 2014, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse. Le député de Trappes poursuit ses critiques à l'Assemblée, contre la loi Macron et la loi Travail en compagnie des frondeurs tandis que Manuel Valls traverse passe trente mois agités à Matignon.


Les deux hommes se séparent aussi dans leur allure : décontraction étudiée pour Hamon, coquetterie assumée pour l'élu d'Evry. Une opposition qu'on retrouve aussi dans leurs réunions publiques respectives : DJ et jeunes spectateurs pour H. Sympathisants plus âgés et Marseillaise pour le défenseur intransigeant de la laïcité. C'est par leur vocabulaire que les deux hommes s'opposent aussi : là où Manuel Valls martèle ses convictions et ses certitudes, Benoît Hamon a assis son discours de campagne sur l'idée, assez rare en politique, qu'il ne détient pas la vérité : "Personne ne la détient, Manuel", adressera-t-il ainsi à son rival, mercredi 25 janvier lors de leur ultime débat.

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