Primaire : pourquoi la hausse de participation a-t-elle profité à Benoît Hamon ?

LA VAGUE HAMON - La hausse de participation de 20% au second tour de la primaire aurait pu laisser penser à un sursaut de l'électorat de Manuel Valls. Pourtant, elle a largement bénéficié à Benoît Hamon. Que s'est-il donc passé entre les deux tours ?

Un véritable effet d'entraînement. Favori au soir du premier tour qu'il avait remporté avec 36% des suffrages, Benoît Hamon ne s'est pas contenté de bénéficier d'une simple addition des ralliements, comme celui d'Arnaud Montebourg. Entre le premier et le second tour, le gagnant de la primaire, avec 58,65% des voix (décompte à 20h30) a raflé près de cinq points supplémentaires grâce à la forte hausse de participation de 22% au second tour. 


Que s'est-il donc passé entre ces deux tours ? Voici quelques pistes qui peuvent expliquer la dynamique Hamon. 

Le souffle du premier tour

Comme c'est souvent le cas lors d'un scrutin - la primaire de la droite avait produit le même effet pour François Fillon -, le candidat qui prend la tête du premier tour bénéficie d'une prime pour le second. Notoriété - Benoît Hamon est passé par exemple en tête des recherches Google sur la primaire à plusieurs reprises, et notamment ce dimanche - et visibilité accrue de ses propositions ont pu accentuer l'effet de cette "prime au vainqueur", d'autant que ce scrutin passait d'une bataille entre sept concurrents à un duel plus traditionnel. 

Le poids du débat

Cité par une journaliste, Christophe Borgel, organisateur de la primaire, a estimé ce dimanche que "c'est la qualité du débat" télévisé de mercredi soir "qui explique le sursaut de participation". Ajoutant : "Les électeurs participent à une dynamique". 

A l'issue de ce débat télévisé où les deux candidats avaient pu opposer leurs projets frontalement mais sans coup bas, attirant 5.5 millions de téléspectateurs (plus qu'aux débats précédents), un sondage Elabe montrait que Benoît Hamon avait convaincu 67% des téléspectateurs (61% pour les seuls sympathisants de gauche), contre 37% pour Manuel Valls. Des résultats qui laissaient entrevoir l'issue du second tour, et qui semblent confirmer que Benoît Hamon a joué une partie de sa campagne d'entre-deux tours lors de cette prestation.

L'influence des ralliements

Pour les sympathisants de gauche, le poids des nombreux ralliements de cette semaine a pu jouer un rôle dans leur prise de décision. On pense notamment, outre celui d'Arnaud Montebourg, à celui de Martine Aubry et des soutiens de cette dernière, ou encore, chez les écologistes, à celui de Noël Mamère, qui s'est éloigné du candidat EELV Yannick Jadot. Benoît Hamon a également bénéficié du satisfecit du très populaire Nicolas Hulot sur ses propositions environnementales.

Le rôle du vote anti-Valls

L'importance du vote sanction contre l'ancien Premier ministre et le bilan du quinquennat qu'il incarne ne peut pas être éludée. Après l'incident de la claque d'un militant identitaire breton durant l'un des déplacements, de nombreux sympathisants ont allègrement relayé sur les réseaux sociaux leur souhait de "mettre un claque", électoralement parlant, à celui qui a porté (et imposé) la loi Travail, honnie par une partie de la gauche. Illustration avec cet auditeur de France Inter, qui assurait en direct à Manuel Valls : "Nous sommes 66 millions à vouloir te mettre une gifle".

Une dynamique jamais démentie

Enfin, Benoît Hamon a bénéficié, depuis son discret lancement au mois d'août, d'une dynamique ascendante, comparable à celle qu'a connue François Fillon lors de la primaire à droite. Comme son futur adversaire de droite, le candidat socialiste a notamment fait salle comble lors de ses meetings, lorsque Manuel Valls et Vincent Peillon peinaient à faire le plein. Et cette affluence s'est accentuée semaine après semaine, jusqu'au meeting d'entre-deux tours à Lille, dans une ambiance effervescente et devant des milliers de militants

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