Benoît Hamon net vainqueur de Manuel Valls : les trois raisons d'un succès

POLE POSITION - Le député des Yvelines Benoît Hamon a remporté la primaire organisée par le PS avec près de 59% des voix. Parti en campagne fin août, le candidat le plus à gauche de la primaire a récolté les fruits d'une longue campagne qui lui a permis de polariser le débat autour de ses propositions parfois iconoclastes.

L'heure de Benoît Hamon a enfin sonné. Encore méconnu du grand public il y a six mois, l'ex-porte-parole discret du PS devenu ministre de François Hollande a patiemment fabriqué la recette de sa victoire à la primaire de son parti, le 29 janvier, avec 58,65% des voix contre 41,35% pour Manuel Valls.


Depuis sa démission du gouvernement, courant 2014, sur fond de désaccords avec l'orientation social-libérale du gouvernement de Manuel Valls, Benoît Hamon n'a cessé de construire sa légitimité de leader de "l'aile gauche" au sein même du PS, pendant que son alter ego, Arnaud Montebourg, s'y préparait en mettant sa vie politique entre parenthèses. Depuis le début de sa campagne, fin août 2016, le député des Yvelines est parvenu à se démarquer de ses concurrents de plusieurs façons. 

Il est parti plus tôt

Comme son malheureux frère de l'aile gauche Arnaud Montebourg, Benoît Hamon s'est lancé officiellement dans la campagne fin août, bien avant Manuel Valls, qui a fondé son calendrier sur celui de François Hollande, déclaré forfait en décembre. Mais en réalité, sa stratégie s'est concrétisée dès le printemps 2015, durant la bataille de la loi Travail, au cours de laquelle il s'est imposé comme l'un des chefs de file à l'Assemblée des 27 députés PS qui comptaient voter la motion de censure contre le gouvernement Valls, après avoir réclamé une réorientation plus sociale des réformes. En démarrant sa campagne très tôt, Benoît Hamon s'est imposé comme l'un des principaux détracteurs du bilan du quinquennat. Arnaud Montebourg, pendant ce temps, menait une campagne plus solitaire, et plus éloignée de l'appareil politique. 

Son projet était plus précis et plus clivant

Alors que Manuel Valls dégainait tardivement un programme pour la primaire, Benoît Hamon a profité de son avance pour distiller des mesures très identifiées et très symboliques, également perçues comme novatrices et iconoclastes, comme le revenu minimum universel, le "49.3 citoyen" ou la "taxation des robots", sans oublier la reprise à son compte d'un programme anti-nucléaire traditionnellement porté par les écologistes. Des mesures très ancrées à gauche, fondées sur une vision nouvelle du travail, qui entraient surtout en résonnance avec la colère d'une partie des sympathisants de gauche contre le bilan de François Hollande. 

Il s'est imposé au coeur des débats

Conséquence de ce positionnement très marqué, Benoît Hamon a largement rempli les salles lors de ses meetings, rappelant à ce titre la trajectoire de François Fillon à droite, qui, sous-estimé dans les enquêtes d'opinion, rencontrait un succès réel sur le terrain. Mieux : le député des Yvelines est parvenu à organiser le débat autour de ses propositions, comme s'en félicitaient d'ailleurs ses lieutenants. Ainsi, son débat avec Manuel Valls l'a vu confronter son ancien collègue pied-à-pied, avec intransigeance, sur sa vision du travail et de la transition énergétique, concrétisées par cette pique à Manuel Valls : "Tu n'as que ta foi à opposer".

En vidéo

Primaire à gauche : Hamon a misé sur des thèmes délaissés et critiqués

En vidéo

Primaire : "La légitimité des urnes est incomparable par rapport aux logiques d'appareils" estime Hamon

Tout savoir sur

Tout savoir sur

2017 : la bataille de la gauche

Plus d'articles

Sur le même sujet