Des All Blacks invincibles, le Nord qui perd la tête, un format en question… Le bilan de la Coupe du monde

Des All Blacks invincibles, le Nord qui perd la tête, un format en question… Le bilan de la Coupe du monde

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RUGBY - Conclue par la victoire des Néo-Zélandais, samedi, la Coupe du monde 2015 en Angleterre a été une réussite. Bilan de ces six semaines où intensité, beau jeu et ambiance étaient au rendez-vous. Avec en ligne de mire la prochaine édition au Japon en 2019.

Une orgie de jeu. La Coupe du monde 2015 s’est terminée de la meilleure manière possible. La finale entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie a été une formidable publicité pour le rugby. Des essais (271 au total en 24 matchs, c'est plus qu'en 2011 où 262 essais avaient été marqués), du rythme, du suspense...

Une rencontre qui a globalement résumé l'ensemble d'une compétition longue de six semaines. Car au-delà de cette finale, cette édition en Angleterre a privilégié les sélections qui osaient produire du jeu, à l’instar de l’Argentine, de l’Ecosse ou du Japon.

Le modèle All Black a de beaux jours devant lui

Passes après contacts, relances de son propre camp, avants joueurs… Cette édition en Angleterre aura encore été un hymne à la gloire du jeu de la part des All Blacks. On pensait les hommes de Steve Hansen friables sur certains points, mais jamais leurs adversaires dans cette édition ont semblé être à portée de mains d’un exploit. Richie McCaw et ses partenaires ont débordé de puissance, de vitesse et d’ingéniosité pour venir à bout d'Australiens "rebondissants", de Sud-Africains hargneux, d'Argentins accrocheurs. Et malgré la future retraite internationale de McCaw ou Carter, les All Blacks seront encore favoris dans quatre ans au Japon. Ils ont déjà brillé outre-Manche mais Cane (23 ans), Milner-Skudder, Retallick, Barrett (24 ans), Savea (25 ans) feront encore trembler les défenses au pays du soleil levant en 2019.

Pendant que les nations du Sud,  qui constituaient seules le carré final, se gaussent de leur réussite, l’hémisphère nord, lui, est toujours cabossé. L’Angleterre, éliminée dès la phase de poules, la France humiliée par la Nouvelle-Zélande (62-13), les Irlandais sans réponse contre les Argentins... Finalement, seuls les Ecossais étaient proches de passer la barre des quarts de finale contre l’Australie. Les acteurs du Tournoi des VI nations ont des bleus en pagaille. Les fédérations nationales sont en pleine réflexion pour trouver les bonnes solutions, pour désigner les coupables . Nombre d’étrangers dans les clubs, contrats fédéraux, projet de jeu… Tout est en train d’être remis en question.
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Les petits se rebiffent

Alors que l’Angleterre et la France bisquent, les nations mineures ont de leur côté fait plus que s’accrocher durant cette compétition. A l’instar du Japon, historique vainqueur de l’Afrique du Sud durant les matchs de poules, le niveau global de cette édition a été supérieur. Même si elles ont souvent été largement dominées par les grosses puissances, les “petites” sélections ont montré de gros signes d’améliorations : la Roumanie, la Géorgie et même l’Uruguay ont répondu présent. Seules les îles du Pacifique ont semblé en recul par rapport à la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande. Tonguiens, Samoans et Fidjiens ont déçu et pas apporté cette dose de folie que l’on attendait d’eux.


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Avec la montée en puissance de ces nations émergentes se pose la question du format de la Coupe du monde. En cause, le calendrier et les matchs trop rapprochés pour des sélections comme le Japon. Ainsi, quatre jours après leur retentissant exploit face aux Springboks, les Cherry Blossoms d’Eddie Jones ont dû affronter l’Ecosse. Résultat, une sévère défaite (45-10), qui hypothéquait leur chance de qualification pour les quarts de finale. L’Uruguay, composé à grande majorité de joueurs amateurs n’a également eu que quatre jours entre son match contre les Fidji et celui contre l’Angleterre. Pas idéal comme préparation. En vue de la Coupe du monde 2019, le World Rugby devra travailler sur ce point pour ne pas pénaliser ces désormais ex-petites équipes. Et pourquoi pas assister à une qualification historique du pays hôte en quarts de finale.

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