Audition : "personne n'a la même tolérance, mais tout le monde est fragile"

Audition : "personne n'a la même tolérance, mais tout le monde est fragile"

À l'occasion de la semaine du son, metronews a interviewé Dimitri Secondé, audio-prothésiste, qui rappelle l'importance de la prévention dans la prise en charge des troubles de l'audition.

Mp3, portable, travaux, circulation… nos oreilles sont constamment sollicitées, à quel moment cela peut-il devenir dangereux ?
Le seuil de danger pour l’oreille se situe à 85 décibels (dB). En dessous de ce chiffre, il n'y a pas de risque, peu importe la durée d'exposition. Au-dessus de ce palier, à 85 dB par exemple, il ne faut pas dépasser les huit heures d'exposition si on ne veut pas risquer un traumatisme pour les oreilles. Bien sûr, plus on augmente le son, plus la durée d'exposition doit diminuer : à 100 dB, on ne peut être exposé que quelques minutes. Mais c'est très rare dans la vie de tous les jours de dépasser un tel seuil, sauf à côté de travaux de rue. Le principal risque concerne les concerts, où le son atteint généralement les 105 dB et où les personnes restent généralement plusieurs heures.

À terme, quels peuvent être les impacts sur la santé ?
Les effets sont immédiats. Une seule exposition à un fort bruit peut suffire pour causer fatigue auditive, acouphène et douleurs dans l'oreille. Les effets du bruit étant très larges, il est également possible de souffrir de stress et des nausées. Peu importe le traumatisme, il ne faut pas hésiter à aller consulter un médecin ORL car s'il n'est pas pris en charge rapidement, il peut s'installer durablement. Les musiciens et les bricoleurs du dimanche sont particulièrement exposés. Certes, personne n'a la même tolérance, mais tout le monde est fragile : on ne peut pas être "endurant" face au bruit, c'est impossible.

On parle beaucoup des dangers des casques de musique lorsque le son est au maximum, notamment chez les jeunes…
Que ce soit avec des casques ou des embouts, l'écoute doit être responsable. Tout dépend de la qualité du matériel acheté mais il ne faut pas dépasser les quatre heures de son. La plupart des casques vont jusqu'au maximum de 100 dB. Dans ce cas, la durée d'exposition est très rapidement atteinte. Quand on achète un système d'écoute, il faut s'assurer qu'il isole bien de l'extérieur, grâce à cela on a tendance à mettre moins fort. A l'inverse, si le casque n'est pas bien "étanche", cela pousse à augmenter le son pour couvrir les sons extérieurs.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, la moitié des cas de déficience auditive pourraient être évités par la prévention. Quels sont les bons réflexes à adopter ?
Le plus simple c'est de faire régulièrement des tests auditifs et d'éviter d'être surexposé. Les premiers dépistages se font vers l'âge de 40 ans mais si on aime jouer de la musique ou si l'on travaille dans le bâtiment, les traumatismes peuvent survenir plus tôt. Beaucoup de jeunes viennent également me voir car ils sont de plus en plus soucieux de leur confort auditifs et ils se font faire des embouts sur mesure, beaucoup moins chers qu'un casque. Ce dispositif permet d'atténuer les sons graves, aigus et médium en même temps, alors que les boules Quies dénaturent le son. Il faut comprendre que, contrairement à d'autres parties du corps, le capital auditif ne se régénère pas.

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