Cancer du sein : des chiens renifleurs pour le détecter ?

DÉPISTAGE – Des bergers malinois sont désormais entraînés à reconnaître l’odeur de la tumeur. Non invasive et peu coûteuse, cette nouvelle méthode pourrait révolutionner le dépistage de la maladie.

Des chiens qui ont du flair ! Thor et Nykios sont des bergers malinois en pleine reconversion professionnelle. Entraînés à détecter la présence de stupéfiants, c’est désormais l’odeur de tumeurs qu’ils vont devoir capter. Cette étude préliminaire, financée à hauteur de 100.000 euros par l’Institut Curie, a commencé ce mois-ci. L’objectif est bien précis : développer de nouvelles méthodes de dépistage du cancer du sein.

D’où vient le projet ?

L’idée part d’un constat : les chiens sont doués pour détecter certaines cellules cancéreuses grâce à leur flair. Une étude autrichienne, menée en 2012, montre ainsi que les canidés sont capables de reconnaître, avec un taux de réussite de 70%, un cancer du poumon simplement en reniflant l’haleine des patients. Une découverte qui a inspiré en partie l’entreprise cynophile ITDC (Haute-Vienne) qui s’est associé à l’Institut Curie pour développer le projet Kdog. L’institut a réussi à collecter les 100.000 euros nécessaires à cette étude grâce à une campagne de financement participatif sur internet.

En quoi ça consiste ?

Pour cette étude, deux bergers malinois, formés à reconnaître les stupéfiants et explosifs, vont être reconvertis en apprentis médecins. Thor et Nykios vont donc suivre les cours de Jacky Experton, le cynophile qui a fondé l’ITDC. "Un chien peut emmagasiner un catalogue d’odeurs presque infinie !", affirme le spécialiste des canins.


Pendant que l’un sera entraîné à reconnaître des tissus imprégnés de la transpiration des patientes, l’autre se concentrera sur les prélèvements des tumeurs. Le rôle des chiens sera ensuite inversé. Une façon de confirmer la présence des composés volatiles du cancer du sein car même en quantités différentes, les chiens sont toujours capables de les détecter. Toute l’expérience sera filmée et décortiquée.

Et pour tester l’efficacité du test ?

Pour évaluer l’expertise des chiens, l’Institut Curie enverra ensuite à Jacky Experton des échantillons numérotés. Une sorte de test à l'aveugle. Certains de ces tissus appartiendront à des patientes malades et d’autres non. "Le croisement des données permettra de dire si le chien a marqué les bons prélèvements ou pas", explique le spécialiste. Cette étude préliminaire pourrait durer entre 6 et 9 mois, selon l’apprentissage des chiens.


Si ces résultats sont encourageants, l’Institut Curie pourrait démarrer un essai clinique avec davantage de patientes. Cela permettrait d’ouvrir la voie à une nouvelle forme de dépistage, peu coûteuse et non invasive, adaptée à un cadre humanitaire par exemple.

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