6 choses à savoir sur le syndrome du choc toxique lié aux tampons

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ENNEMI INTIME – Porter un tampon hygiénique pendant ses menstruations est un geste banal pour des millions de femmes, et pourtant, il constitue une menace invisible. Le choc toxique lié aux règles revient au cœur de l'actualité ce mardi 25 avril grâce à une enquête diffusée sur France 5, l'occasion de faire le point sur cette maladie infectieuse rare qui peut avoir de graves répercussions sur la santé de la gent féminine.

Un petit tampon peut avoir l'effet d'une bombe sur la santé des femmes. Nous n'en avons pas forcément conscience mais lorsqu'il est porté trop longtemps, le produit, symbole d'émancipation, peut devenir un ennemi invisible et provoquer un syndrome du choc toxique menstruel (SCT). Il n'est pas question ici de faire de généralité mais de prévenir d'un risque réel qui plane sur certaines d'entre nous. 


Comme le montre l'enquête de la journaliste Audrey Gloagan diffusée ce mardi soir sur France 5, des femmes sont transportées aux urgences suite à une poussée de fièvre, des vomissements ou des diarrhées sans que la cause n'en soit comprise. Or, dans les cas les plus graves, le foie, les reins ou le coeur peuvent lâcher. Une moins une femme est morte suite à un syndrome du choc toxique, d’autres ont été amputées.  A la suite de l’augmentation du nombre de cas en France (22 en 2014 contre 5 en 2004), le centre national de référence des staphylocoques des Hospices civils de Lyon met en garde les utilisatrices de tampons. 

Qu'est-ce que le syndrome du choc toxique menstruel ?

"Certaines femmes sont porteuses du staphylocoque doré, une bactérie qui n’est normalement pas dangereuse, explique à LCI le Dr Gérard Lina, biologiste médical au CHU de Lyon. Mais porter un tampon de manière prolongée peut la 'bloquer' au niveau du vagin. Alors, elle se multiplie et produit des toxines dangereuses." Ce n'est donc pas le tampon en tant que tel qui est responsable du syndrome, mais bien le staphylocoque doré déjà présent dans l'organisme. Les toxines entrent ensuite dans la circulation sanguine et s'attaquent à plusieurs organes, dont le foie, les poumons et les reins, comme l'explique un document  de The HealthLink BC (British Columbia). 

Quelles sont les causes du staphylocoque doré ?

Le staphylocoque doré est naturellement présent chez 30 à 40% des individus, hommes comme femmes. "Il est situé au niveau du nez dans la plupart des cas, mais il peut aussi être au niveau de la gorge, de la peau ou du vagin", détaille le biologiste. "Certains sont des porteurs permanents de la bactérie, d'autres l'ont de façon transitoire", précise-t-il. Elle peut apparaître, par exemple,  après une opération ou un traitement affectant le système immunitaire. 


Il faut savoir que, normalement, le contact prolongé avec la bactérie permet à l'organisme de s'immuniser.  Mais le port prolongé d'une protection intime constitue "un très bon moyen de culture pour le staphylocoque doré", ajoute le Dr Lina.

Comment reconnaître les symptômes ?

Maux de tête, poussée de fièvre, douleurs musculaires, vomissements, diarrhées, étourdissements légers... "Les symptômes du syndrome du choc toxique peuvent se confondre avec ceux de la gastro-entérite", prévient le biologiste. Une baisse de la pression artérielle et des  éruptions cutanées, similaires à des coups de soleil, peuvent également apparaître. 

Comment se soigner ?

Cela dépend de l'état de chacune. "Si les signes cliniques surviennent, il faut immédiatement enlever le tampon, préconise d'abord le médecin. On peut ensuite en parler avec son médecin traitant ou aller directement aux urgences si nécessaire". Lors de l’hospitalisation, des antibiotiques sont administrés pour éliminer la bactérie et prévenir la production d’autres toxines. 

Quels sont les facteurs de risques ?

Certaines personnes sont plus à risques que d’autres. Méfiance donc, si vous avez tendance à laisser en place votre tampon au-delà de 8 heures, en particulier s’il est super absorbant. Pourquoi ? "Les utilisatrices ont tendance à le laisser plus longtemps en place. De plus, une étude a montré que le staphylocoque doré produisait davantage de toxines avec ce type de tampon", explique le Dr Lina. 

Comment prévenir le choc toxique ?

Pensez à changer votre tampon toutes les quatre heures. Toutes les huit heures au maximum. Evitez aussi les tampons super-absorbants qui ne feront qu'accroître les risques et n'hésitez pas à alterner avec une serviette hygiénique, la nuit par exemple. Enfin, pensez à bien vous laver les mains avec du savon avant et après la pose. Rien ne sert de céder à la panique, donc, si vous appliquez ces règles de bon usage.  

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