Des chercheurs ont trouvé comment inverser le processus de vieillissement (chez des souris pour l'instant)

Des chercheurs ont trouvé comment inverser le processus de vieillissement (chez des souris pour l'instant)

DÉCOUVERTE – En reprogrammant des cellules de souris, des scientifiques sont parvenus à allonger leur durée de vie. Une première qui ouvre la voie à de nombreuses possibilités, même si l’homme ne pourra pas en bénéficier tout de suite.

La recette de la fontaine de jouvence bientôt percée à jour ? Si tous les ingrédients ne sont pas encore réunis, des chercheurs du Salk Institute de San Diego (Etats-Unis) semblent sur la bonne voie pour y parvenir. Et comme bien souvent, ce sont les souris qui ont permis une telle découverte.


Dans leurs travaux publiés dans la prestigieuse revue Cell, les scientifiques expliquent avoir utilisé la reprogrammation cellulaire. Grâce à cette technique de modification génétique mise au point par le prix de Nobel de médecine de 2012, Shinya Yamanaka, ils ont réussi à allonger de 30% la durée de vie de leurs cobayes. Une grande première. Jusque-là, aucun petit mammifère n’avait survécu à ce procédé ou avait développé une tumeur.

Certains organes comme la peau, le cœur ou les reins en partie régénérés

Dans le détail, les scientifiques ont mené l’expérience sur des souris touchées par la progeria (ou syndrome de Hutchinson-Gilford), une maladie génétique rare à l’origine d’un vieillissement prématuré. Alors que leur espérance ne dépasse normalement pas les 18 semaines, elles ont réussi à atteindre leur 24ème semaine. Normalement, les souris vivent environ trois ans. 


En pratique, ils ont utilisé des cellules souches pluripotentes induites (IPS). Ces dernières ont l’avantage d’être régénérantes et de contrecarrer celles qui provoquent des mutations et des tumeurs. Grâce à cette technique, les signes prématurés de vieillesse ont pu être retardés. Mieux, certains organes comme la peau, le cœur ou les reins se sont en partie régénérés. Et pour garder le contrôle du rajeunissement, les chercheurs ont trouvé l’astuce : donner un antibiotique, la dioxycycline. 


Juan Carlos Izpisua Belmonte, un co-auteur de l’étude explique : "Nous n’avons pas corrigé la mutation responsable du vieillissement prématuré. Nous avons altéré le vieillissement en intervenant sur l’épigénome (l’ensemble des modifications d’une cellule), ce qui suggère que c’est un processus plastique et malléable."

Le vieillissement, un processus malléable

Pour mieux saisir le potentiel de la reprogrammation cellulaire, les chercheurs ont testé la technique sur des cellules musculaires et bêta du pancréas, qui produisent de l’insuline. Là-encore, elles ont pu se régénérer. Avec cette découverte, les scientifiques américains montrent que le vieillissement est un processus que l’on peut ralentir, voire inverser. 


Cependant, "il est difficile de déterminer précisément les raisons pour lesquelles l’animal vit plus longtemps", a précisé Paloma Martinez-Redondo, qui a participé à l’étude. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour mieux comprendre ce qu'il se passe. Dans tous les cas, celles sur des cellules humaines ne sont pas encore d’actualité avant d’avoir répondu à un certain nombre de questions éthiques. Mais si cela se faisait un jour, cette découverte devrait davantage nous permettre de vivre en meilleure santé plutôt que plus longtemps.

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