Non, le VIH et le sida, ce n’est pas pareil (et autres idées reçues)

Non, le VIH et le sida, ce n’est pas pareil (et autres idées reçues)

SIDA – A l’ occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, ce jeudi 1er décembre, LCI fait le point sur les fausses idées qui circulent à propos du virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) et le sida, la maladie qu’elle entraîne.

Près de 36 millions de personnes sont porteuses du VIH à travers le monde en 2015. Un chiffre qui ne diminue pas malgré les campagnes de prévention. Mais pire encore, un rapport de l’OMS publié ce mardi 29 novembre révèle que 40% des personnes porteuses du VIH s’ignorent. L’équivalent de 14 millions de personnes. En France, Santé Publique France indique que 6 000 Français ont appris leur séropositivité l’année dernière. 


S’il est tout à fait possible de vivre avec le VIH grâce aux antirétroviraux, le quotidien des patients peut être affecté à cause des idées reçues qui circulent à propos de leur maladie. Alors que se tient ce jeudi 1er décembre la journée mondiale de lutte contre le sida, LCI lève le voile pour éviter les amalgames. 

Non, être séropositif et avoir le sida, ce n'est pas la même chose

Le sida (acronyme de syndrome de l'immunodéficience acquise ) est dû à un virus. Ce virus porte le nom de VIH, pour virus de l'immunodéficience humaine. Il affaiblit le système immunitaire en s'attaquant à des globules blancs (ou lymphocytes) du nom de CD4 , ce qui rend les personnes contaminées vulnérables aux infections. On parle alors de personnes séropositives pour le VIH. C'est seulement lorsque l'organisme n'est plus en mesure de combattre l'infection du VIH (lorsqu'on retrouve moins de 200 CD4 par millimètre cube de sang) que celle-ci devient le sida.

Non, il n'existe pas de médicaments pour guérir du sida

Dans un sondage Ifop et Bilendi pour Sidaction, publié le jeudi 31 mars 2016*, 22% des 15-24 ans interrogés pensent qu'il existe des médicaments pour guérir du syndrome de l'immunodéficience acquise. C'est faux. Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'il y a des médicaments pour contrôler le virus et continuer de vivre avec le VIH – mais sans le sida.

On parle de trithérapie parce que le traitement consiste à associer trois antirétroviraux, qui bloquent la multiplication du VIH dans l'organisme. L'intérêt : obtenir une charge virale indétectable (moins de 50 copies du virus par millilitre de sang) afin de restaurer le système immunitaire.

Non, les gays ne sont pas les seuls concernés

En 2015, près de 6 000 nouveaux cas de séropositivité ont été découverts. Parmi eux, 2600 étaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Plus de la moitié (57%) des découvertes proviennent donc de contaminations par des rapports hétérosexuels, et non homosexuels. 

Non, il n'y a pas de plus en plus de contaminations chez les 15-24 ans

Le sida fait peur à 76% des jeunes interrogés. Pourtant, seulement 45% des jeunes qui ont eu un rapport sexuel non protégé ont effectué un test de dépistage. Si entre 2003 et 2012, la proportion de jeunes de moins de 25 ans infectés n'a pas évolué de manière significative . C'est la proportion des 25-49 ans qui a chuté, passant de 77% à 70%.


Toutefois, les chiffres restent inquiétants. Chaque année, environ 10% des nouvelles découvertes de séropositivité concernent les 15-24 ans. Soit deux jeunes touchés chaque jour. Et seuls 33% des étudiants français utilisent systématiquement un préservatif lors d'un rapport sexuel (contre 41% en 2013). En outre, 38% se font dépister systématiquement lorsqu'ils changent de partenaire (35% ne se font jamais dépister).

Non, les seniors ne sont pas épargnés par le VIH

Si les personnes de 25 à 49 ans représentent 70% des découvertes de séropositivité en 2012, 18% des personnes ayant découvert leur séropositivité avaient plus de 50 ans (contre 13% en 2003). L'âge est en effet un facteur de risque : plus l'on vieillit, plus les muqueuses sont perméables au virus. Mais les seniors (50-70 ans) ont beau se dire bien informés sur les modes de contamination (59%) et sur les moyens de prévention (56%), ils sont 88% à ne pas se sentir concernés par le VIH (contre 72% des 18-49 ans). Jeunes comme moins jeunes doivent ainsi penser à se protéger lors d’une relation sexuelle. 


* Sondage réalisé par questionnaire en ligne auprès de 1001 personnes, du 5 au 12 février 2016. 

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