DOCUMENT LCI - José Bové, Nicolas Hulot, Delphine Batho... tous contaminés aux perturbateurs endocriniens

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ÉTUDE - Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot et Mare-Monique Robin ont tous confié une mèche de cheveux à l'ONG Générations Futures qui a fait rechercher des perturbateurs endocriniens. Les résultats sont sans appel : ils sont tous contaminés.

On aurait pu penser qu'ils feraient partie d'une population un peu plus préservée, bien loin de la malbouffe, des OGM ou encore des pesticides mais quand on parle perturbateurs endocriniens, personne n'est épargné, même pas eux.


Eux, ce sont 7 personnalités de l'écologie, Yann Arthus-Bertrand, photographe et réalisateur, Isabelle Autissier, navigatrice et présidente du WWF-France, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l'Ecologie (lire son témoignage ici), José Bové, eurodéputé et agriculteur, Nicolas Hulot, journaliste et président de la Fondation Hulot, Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle et Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice.

Nous sommes potentiellement des victimes qui s'ignorentNicolas Hulot

Ils se sont prêtés à une enquête de l'ONG Générations Futures sur ces substances chimiques, capables de dérégler notre système hormonal et qui ont un pouvoir insidieux, celui de se cacher à peu près partout. L'idée : faire analyser une mèche de leurs cheveux et y rechercher 200 molécules avérées ou suspectées perturbatrices endocriniennes, principalement des bisphénols et phtalates, des PCB et des pesticides. Résultat, sur toutes les molécules recherchées, entre 36 et 68 ont été retrouvées chez chacun d'entre eux bien que seulement 4 familles de substances chimiques aient été recherchées.


51 ont, par exemple, été trouvés dans les cheveux de Nicolas Hulot, qui témoigne : "Ces analyses nous montrent la prégnance de ces substances dans notre quotidien. Chaque jour compte pour lutter contre les perturbateurs endocriniens et désintoxiquer notre société car nous sommes tous potentiellement des victimes qui s’ignorent".

Interdit il y a deux ans, le Bisphénol A toujours présent

Et si l'on détaille davantage cette étude, on comprend mieux que nous sommes tous exposés à des degrés divers. Question de génétique ou encore de génération. Ainsi, concernant le bisphénol A, un plastifiant entrant dans la composition du polycarbonate et perturbateur endocrinien connu (il est d'ailleurs interdit dans les contenants alimentaires depuis janvier 2015 en France), il a été détecté chez 3 participants sur 7 : Marie-Monique Robin, Yann Arthus-Bertrand et Isabelle Autissier. Tous les 7 avaient aussi du Bisphénol S et aucun du Bisphénol F.


Pour les phtalates, ces substances chimiques utilisées comme plastifiants des matières plastiques pour les rendre souples, le résultat est sans appel : tous les participants ont été contaminés. Il faut dire que les phtalates sont produits à quelques 3 millions de tonnes par an dans le monde, et présents partout dans notre environnement quotidien : cosmétiques, peintures, vêtements, jouets…La palme revient toute de même à Isabelle Autissier, chez qui on a détecté 11 des 13 phtalates recherchés.

Les pesticides sont, comme leur nom l'indique, faits pour tuer, et ils tuentJosé Bové

Plus surprenant encore concernant les PCB, interdits de fabrication depuis 1987, leur persistance est telle qu’on les retrouve encore aujourd’hui dans l’environnement… et du coup dans notre alimentation. Conséquence, entre 14 et 30 ont été retrouvés chez chacun des participants.


Enfin, entre 9 et 25 pesticides, les bêtes noires des écologistes, ont été retrouvés dans chaque échantillon de cheveux. Même dans ceux de José Bové (13 molécules ont été retrouvés dans ses cheveux) dont c'est l'un des combats depuis de nombreuses années et qui écrivait encore en décembre sur son compte Facebook : "Les pesticides sont, comme leur nom l'indique, faits pour tuer, et ils tuent. Ce n'est pas en les appelant maintenant des produits phytopharmaceutiques que l'on réglera le problème mais en prenant conscience de la dangerosité de ces poisons. Utilisés massivement depuis des décennies, présents dans les aliments, dans l'eau, dans les sols et dans le corps des êtres humains d'un bout à l'autre de la planète".

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