En France, la syphilis refait parler d'elle

En France, la syphilis refait parler d'elle

MST – On la croyait reléguée au temps des écrivains du XIXe siècle. La syphilis n'est malheureusement pas éradiquée. En France, elle est même en progression.

C'est une maladie que l'on associe au Paris de Zola ou à la Normandie de Maupassant. Une maladie qui nous ramène tout de suite au XIXe siècle, l'époque où elle a fait des ravages dans toutes les catégories de la population. Redoutée plus que tout autre pathologie, la syphilis avait la réputation (fidèle) de rendre fou celui qui en était frappé.

Mais loin des clichés de la révolution industrielle, aujourd'hui en 2015, en France, la syphilis refait une apparition. Selon une information du quotidien régional La Montagne, relayée par nos confrères de BFM TV et du Figaro Santé , à Brive, le nombre de cas aurait explosé en 2015. Alors qu'y étaient jusque là déclarés deux cas par an, l'année dernière a vu défiler, au CHU de la ville, 40 patients contaminés. Un indicateur qui montre que cette maladie est une réalité. Pour en savoir plus metronews a contacté Cécile Filippi, médecin au Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic (CEGGID) de Belleville, à Paris.

► Une pathologie sexuellement transmissible
La syphilis se transmet lors d'un rapport sexuel. "Si dans un premier temps on considérait que la communauté gay était plus exposée, on constate aujourd'hui que les hétérosexuels sont aussi concernés, explique Cécile Filippi. Ces dernières années une recrudescence est apparue mais pas dans les proportions de ce qui est constaté à Brive, un phénomène qui est sûrement du à un élément extérieur comme un foyer de contamination local." Selon les chiffres disponibles à l'institut de veille sanitaire, 4022 cas de syphilis précoces ont été détectés entre 2000 et 2009.

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► Des symptômes qui différent selon le stade de la maladie
"La syphilis comporte trois stades dans son évolution et les symptômes sont très spécifiques à chaque phase."
Le stade primaire : "Un chancre apparaît sur les parties génitales du patient où dans sa gorge si la contamination a eu lieu lors d'un rapport bucco-génital. Parce qu'il est le plus souvent indolore, le malade peut souvent passer à côté surtout qu'il disparaît tout seul."
 Le stade secondaire : "Ce stade intervient quelques semaines ou quelques mois après les premiers symptômes. Une éruption cutanée (des petites lésions roses) apparaît sur n'importe quel endroit de la surface du corps. Là aussi ces lésions se résorbent."
 Le stade tertiaire : "C'est le stade le plus grave de la maladie, celui où les organes peuvent être touchés, on observe alors des lésions cardiaques, ophtalmologiques et même cérébrales." Ce qui explique la version populaire qui consistait à dire que la syphilis rendait fou celui qui en était atteint. "Dans la pratique cette phase tertiaire est aujourd'hui plutôt rare, mais elle existe", souligne Cécile Filippi.

► Un dépistage rapide et un traitement simple
Mais la bonne nouvelle c'est que nous ne sommes plus au temps des fiacres et des lampes à pétrole. Aujourd'hui la Syphilis se repère et se soigne. Le dépistage relève d'une simple prise sang et peut être fait dans n'importe quel CEGGID près de chez vous. Ensuite, si le diagnostic est posé, une injection d'antibiotique suffit si la maladie est prise à son stade primaire et trois feront l'affaire en cas de stade secondaire. En cas de phase tertiaire, la situation se complique car d'autres pathologies entrent en jeu. Pour Cécile Filippi " La meilleure arme contre la maladie reste le préservatif qu'on ait un rapport sexuel vaginal, annal mais aussi bucco-génital."  

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