Epidémie de grippe : Marisol Touraine appelle les hôpitaux à "libérer des lits"

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ALERTE - Face à l'ampleur de l'épidémie de grippe, la ministre de la Santé a appelé ce mercredi les hôpitaux à déprogrammer des opérations pour "libérer des lits".

"Je demande à tous les hôpitaux publics et privés de déprogrammer des opérations, des soins médicaux pour libérer des lits." Cette demande formulée par la ministre de la Santé Marisol Touraine intervient ce mercredi, dans un climat tendu. L’épidémie de grippe est virulente et les urgences sont saturées. "La grippe en France a été précoce, elle est intense", a indiqué la ministre, demandant à "l’ensemble des personnels de santé à s'engager" en ville. 

Cette dernière a également annoncé que 142 hôpitaux français sur 850 sont "en tension" à cause de l'épidémie de grippe, dont l’ampleur commence à rappeler celle de l'hiver 2014-2015. A cette période, le taux de mortalité fut record : 18.000 personnes avaient succombé. Selon Marisol Touraine, la moitié des patients âgés de plus de 60 ans qui vont à l'hôpital en raison de la grippe reste aux urgences. Une proportion qui atteint 75% pour les plus de 80 ans.


Mardi, elle avait déjà demandé que "l'aval des urgences soit fluidifié au maximum afin de pouvoir hospitaliser l'ensemble des personnes qui en auraient besoin" et donné des instructions "pour que les patients soient pris en charge en ville quand leur état de santé le permet". La ministre, elle, a conclu  en précisant que "le bilan de l'épidémie sera probablement lourd, puisque le nombre de personnes malades est particulièrement important", mais a stipulé que "le système de santé répond présent". 

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Une mauvaise organisation du système de santé ?

Pour Gérald Kierzek, médecin urgentiste, la grippe n'est cependant pas plus virulente que les autres années. Si les urgences sont saturées, c'est principalement à cause de l'organisation du système de santé. "On a un système hospitalier qui est à saturation. C'est la chute d'un système de santé. Les services d'urgence, c'est la partie immergée de l'iceberg. Mais tous les services d'hospitalisations, les médecins libéraux tirent aussi la sonnette d'alarme", a-t-il avancé ce mercredi sur Europe 1


"Tous les professionnels de santé constatent que les personnels ne sont plus écoutés. Les politiques hospitalières sont faites sur des réductions de lits, des réductions d'hôpitaux de proximité, de moyens et sur une augmentation de la productivité, a-t-il dénoncé. Or quand on augmente la productivité, on épuise les équipes". 

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