Essai thérapeutique mortel : un "cobaye" raconte

Essai thérapeutique mortel : un "cobaye" raconte

SANTE - Les candidats à l'essai thérapeutique qui a viré au drame à Rennes étaient-ils prévenus des risques ? Le laboratoire Biotrial les avait-il informés des dangers de cette étude ? Un candidat répond.

Les volontaires ayant accepté de participer à l'essai thérapeutique de la molécule Bia 10-2474, étaient-ils conscients des risques ? C'est la question que s'est posée le public en découvrant, vendredi 15 janvier, qu'une personne était en état de mort cérébrale au CHU de Rennes et que cinq autres étaient dans un état grave après avoir participé à un essai thérapeutique, dirigé par le laboratoire privé Biotrial.

Jamais pareil accident n'avait été recensé en France, a souligné la ministre de la Santé Marisol Touraine lors d'une conférence de presse. Sur 128 volontaires, 90 personnes ont reçu la molécule à des doses variables, les autres ont reçu un placebo. Les six victimes sont celles qui ont pris de manière répétée le médicament. Connaissaient-elles les risques ? Avaient-elles été informées au préalable ?

A deux doigts du drame

Auprès du site de 20 Minutes , Florent raconte qu'il faisait partie des candidats mais avait été refusé par le laboratoire. "J’étais à 120 pulsations au repos parce que j’étais stressé. Il ne fallait pas dépasser 100 pulsations", a-t-il raconté au quotidien. Le trentenaire a découvert ce qui aurait pu lui arriver en écoutant les informations. "Je me dis que je ne suis pas passé loin de ça. J’ai déjà participé à quatre études. A chaque fois, j’ai réussi les tests [médicaux] de sélection. Là, ils m’ont refusé. S’ils m’avaient pris, j’y serais allé. Il y a des gens que j’ai vus qui étaient dans le groupe, forcément".

EN SAVOIR +
>> "Il n'y a jamais eu un accident aussi grave en France"
>> "90 personnes ont déjà ingéré la molécule", indique Touraine

Pas de danger ressenti

Habitué à participer à des essais thérapeutiques, Florent n'était pas inquiet et raconte qu'un livret d'explications avait été remis à chaque volontaire. "On nous avertit. A la première visite de sélection, on nous donne un document de 13 pages. Il faut lire, le signer. On nous explique à quoi sert le médicament, sur quels animaux il a été testé. Si d’autres gens l’ont fait avant. On prend un risque, mais on l’assume", explique-t-il.

"Personne là-bas n’a l’impression de mettre sa vie en danger. Je n’avais pas peur". Indemnisé 4 000 euros, cet essai était une façon comme une autre de "gagner" de l'argent. "Si on se renseigne un peu, il n’y a jamais eu d’accident en France avant. Le risque était quand même minime", ajoute le jeune homme.

EN SAVOIR +
>>
Des animaux au dosage, comment se déroule un essai thérapeutique
>>
Biotrial, un labo exemplaire dans l'oeil du cyclone

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques