Garde alternée : vers la fin du rôle traditionnel du père

Garde alternée : vers la fin du rôle traditionnel du père

PATERNITÉ – Pour un enfant sur six, c'est la résidence alternée qui est choisie quand les parents se séparent devant le juge. Un signe d'évolution du rôle des pères.

Assiste-t-on à un rééquilibrage des rôles du père et de la mère ? C'est ce que laissent entendre les 125.676 décisions prononcées en 2012 par les juges aux affaires familiales. Pour les 200.000 enfants concernés, la résidence alternée a été décidée dans 21% des divorces et 11% des séparations de parents non mariés (contre respectivement 12% et 7% en 2003, année qui suit l a consécration de ce mode de résidence par la loi ). Selon Christine Castelain-Meunier, sociologue au CNRS spécialiste des rôles parentaux, ces chiffres traduisent "le passage de la paternité institutionnelle à la paternité relationnelle".

Elle explique à metronews que "la loi, comme souvent en retard, s'est pliée aux évolutions sociétales mais ne les a pas anticipées". De la Révolution française, qui a notamment fait perdre aux pères leur pouvoir sur les enfants majeurs, à la loi de 2002 sur l'autorité parentale, en passant par la fin de la "puissance paternelle" en 1970 et le divorce par consentement mutuel en 1975 , les évolutions juridiques ont "accompagné la prise de conscience du nouveau rôle de père".

Le père, nouvelle "âme du foyer"

Même en dehors des contextes de séparation, "le père peut être l'âme du foyer". C'est ce que ses enquêtes pour son ouvrage Le ménage - La fée, la sorcière et l'homme nouveau (éd. Stock, 2013) ont montré. "Bien que de manière générale le père soit plus absent du foyer que la mère, il y a des hommes qui ont compris que, créer le lien avec l'enfant, le maintenir, c'est la seule façon de faire exister sa paternité."

Il n'empêche que subsistent des réticences : "Il est difficile de s'émanciper de l'empreinte des rôles traditionnels, pour lesquels la mère est en charge de l'affectif, des soins, et le père est le chef de famille, la référence symbolique à la loi." Le psychologue Gérard Poussin, interrogé par metronews, témoigne de la difficulté des mères à "ne plus être en première ligne" : "Elles se sentent obligées d'être accablées quand leur enfant n'est pas là, ressentent une culpabilité, comme si elles n'étaient pas de 'bonnes mères' puisqu'elles ne s'occupent plus de tout." Le temps de la résidence unique fixée chez la mère n'est pas encore révolu.

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