Grippe : changement de cap pour Marisol Touraine qui assure que "la situation est maîtrisée"

A BÂBORD TOUTE - Après avoir demandé aux hôpitaux de déprogrammer des opérations pour "libérer des lits", la ministre de la Santé a assuré ce jeudi matin sur France 2 qu'ils n'étaient "pas débordés" et qu'elle était "sereine".

Alors qu’elle appelait mercredi les établissements hospitaliers à déprogrammer des opérations pour libérer des lits parce que les urgences étaient saturées, la ministre de la Santé a opéré un changement de cap ce jeudi matin en assurant que la situation était "maîtrisée". "Les hôpitaux sont en situation tendue, mais ils ne sont pas débordés et ils font face. Je suis aujourd'hui sereine quant à la capacité des hôpitaux à faire face aux besoins des malades, a-t-elle déclaré. Ils prennent en charge dans de bonnes conditions tous ceux qui ont besoin d'être soignés".

Pourquoi ce changement de cap ?

En outre, celle qui avait tiré la sonnette d’alarme en début de semaine semble désormais nuancer ses propos, alors que certains professionnels de santé évoquent eux, la responsabilité du gouvernement - nous n'y verrons qu'une simple coïncidence. Pour Gérald Kierzek, médecin urgentiste interrogé par Europe 1, si les urgences sont saturées, c'est principalement à cause de l'organisation du système de santé. "Tous les professionnels de santé constatent que les personnels ne sont plus écoutés. Les politiques hospitalières sont faites sur des réductions de lits, des réductions d'hôpitaux de proximité, de moyens et sur une augmentation de la productivité, a-t-il dénoncé. Or quand on augmente la productivité, on épuise les équipes". 

Le gouvernement a-t-il anticipé l’épidémie de grippe ?

Selon Marisol Touraine, tout a été pensé en amont pour parer aux besoins. "Il y a une anticipation parce que chaque année nous savons qu'il y a des risques autour de la grippe, ce que nous ne savons pas c'est quand elle va arriver - elle est arrivée tôt - et ce que nous ne savons pas c'est quelle va être son ampleur, mais tout est prêt avec des dispositifs qui se déclenchent au fur et à mesure". 


A l'issue d'une réunion sur l'épidémie à l'Élysée, la ministre a regretté la "défiance" qui existe en France vis-à-vis du vaccin contre le virus. "La grippe revient tous les ans. L'enjeu de la vaccination est un enjeu majeur. En France, les patients et le soignants ne se vaccinent pas assez." En quatre semaines, 784.000 personnes ont consulté un médecin pour une grippe, d'après le réseau de surveillance Sentinelles-Inserm. Depuis le 1er novembre, 52 personnes sont décédées en réanimation à l'hôpital, selon Santé publique France, dont 13 dans une même maison de retraite de Lyon.

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