Journée de la procrastination : et la précrastination, c'est quoi ?

Journée de la procrastination : et la précrastination, c'est quoi ?

FISSA - La procrastination, qui consiste a toujours reporter les tâches qui nous incombent est célébrée partout dans le monde ce samedi 25 mars. Figurez-vous qu’il existe également son trouble contraire : la précrastination. La psychologue Alexandra Rivière-Lecart, décrypte pour LCI les mécanismes de ce trait psychologique encore méconnu.

"Ça c'est fait".  Une petite phrase qui sonne tel un slogan pour les précrastinateurs. La 7ème journée mondiale de la procrastination ce samedi 25 mars est l'occasion d'évoquer le pendant contraire : ces gens très (trop) pressés. La précrastination a été révélée au cours d'une étude américaine menée en 2014 par le psychologue David Rosenbaum de l'Université d'État de la Pennsylvanie.


Elle y est définie ainsi : " tendance à terminer ou à tout le moins à commencer, une tâche aussi vite que possible, même si cela nécessite des efforts conséquents". Il s'avère que la précrastination est l'opposée exact à la procrastination qui est "l'art de repousser au lendemain des tâches déplaisantes",  indique ainsi Alexandra Rivière-Lecart, psychologue clinicienne à Paris, précisant que toutes deux "ne sont pas reconnues comme des pathologies dans la grande majorité des cas".

Profil du précrastinateur

Le précrastinateur peut-être notamment taxé de "workhaolic" (bourreau de travail) dans le milieu professionnel. "Il est perfectionniste, recherche constamment la reconnaissance des autres et éprouve des difficultés à canaliser son anxiété. Il veut toujours bien faire et a un cerveau multitâche. Il demeure plutôt apprécié dans son travail car il est souvent en avance. On peut vraiment compter sur lui", expose Alexandra Rivière-Lecart. Toutefois, ses agissements tombent parfois dans l'absurde. Il va, par exemple, se lever dans l'avion avant qu'il ne soit à l'arrêt ou bien appuyer machinalement plusieurs fois sur le bouton de l'ascenseur affichant le vain espoir qu'il arrive plus vite. 

Si être procrastinateur, c'est laisser place à un peu d’improvisation pour lutter contre la tyrannie de l’immédiat, alors la précrastination suscite, elle, moins de complexes de la part de ceux qui en souffrent. Car leurs actes concernent bien souvent l’ordre, le rangement ou la propreté. Des sphères généralement valorisées par la société. Alors, vaut-il mieux être un retardataire chronique ou un homme d'action ? "Ni l'un ni l'autre", a tranché la psychothérapeute parisienne. "L’un fait les choses trop tard et l’autre trop tôt."

Octroyez-vous un temps d’analyseAlexandra Rivière-Lecart, psychologue

Des solutions existent néanmoins afin de ne pas trop précrastiner. Planifier ses obligations en est une. Cela permet de gagner en sérénité. "Ne vous jetez plus sur une tâche sans prendre un peu recul, octroyez-vous un temps d’analyse", conseille Alexandra Rivière-Lecart. Mais dans le meilleur des mondes "il faut trouver l'équilibre entre les deux. L'objectif étant de se sentir bien, sans surmenage ni culpabilisation", conclut la psychologue.

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