Cédric et Fred, en couple : "Pour nous, être sérodifférents ne suscite aucune inquiétude"

Cédric et Fred, en couple : "Pour nous, être sérodifférents ne suscite aucune inquiétude"

JOURNÉE MONDIALE CONTRE LE SIDA - A 43 et 35 ans, Cédric et Fred, sont en couple depuis trois ans. L'un est séropositif, l'autre séronégatif, une différence qui pour eux n'en a jamais été vraiment une. Interview.

Cédric et Fred, militants chez AIDES, sont en couple depuis trois ans. Fred a découvert sa séropositivité il y a 7 ans. "Pour moi, il y a un avant et un après. Aujourd'hui, j'ai envie de prendre soin de moi. Si j'osais, je dirais même que cette découverte m'a apporté plus de bien que de mal". Témoignage de ce couple sérodifférents.

LCI : Comment avez-vous vécu la découverte de votre séropositivité ?

Fred : Après l'annonce, j'ai été confronté à une année difficile. Mais j'ai vite rebondi. Mon engagement associatif m'a aidé dans l'acceptation. Je me suis rapidement demandé comment j'allais l'annoncer à mes futurs compagnons. J'ai tout tenté : le dire le premier soir, attendre plusieurs rendez-vous, envoyer un mail, etc. Avec Cédric, les choses ont été plus simples.

LCI : La séropositivité de votre compagnon a-t-elle été une angoisse ?

Cédric : A aucun moment. Nous sommes tous les deux militants chez AIDES et j’avais connaissance de sa séropositivité avant même de me mettre en couple avec lui. Dans le passé, j’ai déjà vécu trois ans avec un homme séropositif. Je ne m’inquiète pas car j’ai certainement un niveau d’information plus élevé que la moyenne grâce à mon engagement en tant que militant. Je n’ai aucune crainte pour ma santé. Et même, je pourrais aller plus loin en disant que ça me rassure presque qu’il soit séropositif. Je sais qu’il est suivi régulièrement et qu’il respecte son traitement. Il prend plus soin de sa santé que moi !

LCI : Votre entourage s'est-il inquiété pour vous ?

Cédric : J’ai conscience que j’ai beaucoup de chance. Ma famille et mes proches sont très compréhensifs. Frontalement, je n’ai eu aucune réaction négative. Ma mère, infirmière à la retraite, n’avait pas spécialement d'inquiétude. Elle avait juste besoin d’être rassurée, nous avons un peu parlé de protection. La clé de cette situation, c’est vraiment la communication.

Fred : En mai dernier, j'ai publié un long message pour dévoiler ma séropositivité à ma famille, mes amis et ma belle famille. Pour moi, c'était comme un deuxième coming-out. Je me suis débarrassé d'un poids. Et j'ai eu raison : les retours ont été positifs. Sur Twitter, j'ai même reçu des messages d'inconnus très encourageants.

LCI : La nouvelle campagne d’AIDES concernant la transmission du virus rappelle qu’une personne séropositive traitée ne transmet pas le virus à son compagnon. Un message nécessaire ?

Cédric : Cette campagne s'avère indispensable. On ne parle pas toujours du sida de la bonne manière. Chez certains, le niveau d'information est proche de zéro. Il faut lutter contre les discriminations. Et la solution réside dans la communication. J'encourage les personnes dans cette situation à en parler avec leur compagnon et à se rapprocher des associations et des professionnels de santé pour s'informer. Je comprends les doutes de chacun, le dialogue aidera à les dissiper.

Fred : Cette campagne est primordiale. Quand j'ai appris que je n'étais pas contaminant avec mon traitement, j'ai été libéré d'un poids. Beaucoup de séropositifs ont peur de le transmettre et se privent alors d'avoir une vie sexuelle. Cette campagne aide aussi à combattre la sérophobie.

LCI : Comment aider les autres personnes dans votre situation ?

Fred : Il ne faut pas avoir peur de le dire. Cette annonce vous aidera aussi à faire du tri. Si votre interlocuteur vous rejette, c'est qu'il n'est pas très intelligent. Je comprends cette peur, cette aussi notre mission d'éduquer sur le VIH, il reste beaucoup d'ignorance.

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