La dégradation du plastique en mer mauvaise pour la santé ?

La dégradation du plastique en mer mauvaise pour la santé ?

Selon des chercheurs de l'Inserm, les nanoparticules qui résultent de la dégradation naturelle du plastique qui se retrouve en mer modifieraient les propriétés des membranes cellulaires, ce qui pourrait avoir un impact important sur l’activité des molécules qui les composent.

Échoués sur le littoral ou flottants dans les mers, les résidus de plastique sont innombrables. Ce matériel se trouve être l'un des déchets qui se décompose le plus lentement : il faut 500 ans à une bouteille en plastique pour se dégrader complètement selon le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Et même après des années de décomposition, le plastique se retrouve sous forme de petites particules appelées nanoparticules de polystyrène, dont les effets sur la santé sont encore inconnus.

C’est pourquoi des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale ( Inserm ) ont décidé d’étudier ses effets en laboratoire. "Ces nanoparticules peuvent s'avérer dangereuses car elles sont tellement petites qu'elles peuvent rentrer dans les cellules de tous les organismes vivants, notamment les moules et les poissons… que l'on mange", explique à metronews Luca Monticelli, chercheur à l'Inserm. Il faut savoir quel type de plastique, comme le polystyrène, peut s'avérer dangereux."

Une intrusion dans la cellule

Les chercheurs ont créé un modèle de membrane cellulaire avec toutes les molécules qui la composent, notamment des lipides et des protéines. Le but est de simuler le mieux possible ses propriétés basiques. Ils ont ensuite intégré des nanoparticules de polystyrène à ce modèle pour en observer les effets. Ils ont découvert que ces particules agissaient bel et bien sur la membrane. Une fois dedans, elles y restaient pour un temps indéterminé. Et cette intrusion n’est pas dénuée de conséquences.

"Ces particules agissaient sur la souplesse de la membrane cellulaire, sa vitesse de mouvement, et sur l'organisation de ces composants. Sauf que rompre l'équilibre entre les molécules qui la compose entraîne des conséquences sur la cellule et donc sur l'organisme. Le risque pourrait s'avérer véritable dans des dizaines d'années, quand les déchets de plastique seront dans un état de décomposition plus avancé", ajoute Luca Monticelli, qui précise que l'expérience n'a pas encore pu être réalisée sur une cellule entière.

Or, la membrane cellulaire joue un rôle dans de nombreux processus biologiques ainsi que dans la prévention de certaines pathologies comme la grippe, le sida ou la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs de l'Inserm souhaitent donc mobiliser la communauté scientifique pour étudier de plus près ces conséquences. Et il y aurait peut-être urgence : la Méditerranée est l’une des mers les plus polluées au monde avec une quantité de micro-fragments de plastique flottant en surface estimée à 250 milliards .

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