Le fromage vous dégoûte ? Voici pourquoi !

Le fromage vous dégoûte ? Voici pourquoi !

GOUT – Certains l’adorent, d’autres le détestent. Mais pourquoi un tel écart autour de ce produit national ? Des chercheurs ont passé au crible le cerveau pour mieux comprendre cet étrange phénomène.

Camembert, époisses, bleu … Soit l’évocation de ces fromages met l’eau à la bouche, soit elle provoque des hauts le cœur. Il n’y a pas de juste milieu. Pourquoi ? Des chercheurs du centre de recherche en neuroscience de Lyon et du laboratoire Neuroscience Paris Seine viennent de décrypter ce phénomène d’aversion, hérité du règne animal. Car oui, le dégoût est essentiel à la survie, expliquent les scientifiques. Alors, aimer le fromage ou non est-il vraiment une question de survie ? Les résultats de leurs travaux, publiés dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, permettent de nous éclairer.

Le fromage, sur le podium des mal-aimés

Alors pour lever le voile sur cet écœurement, les chercheurs ont étudié les réactions cérébrales de 30 personnes. Le groupe a été divisé en deux : une partie appréciait déguster l’aliment et l’autre, non. Les auteurs des travaux ont d’abord confronté les participants à l’image, puis à l’odeur de six fromages différents et de six aliments témoins. Dans tous les cas, les participants ont précisé à quel point ils appréciaient ou non le met. Les scientifiques ont utilisé l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour observer les mécanismes cérébraux. 

Le circuit de la récompense s’active aussi chez les aversifs

Résultats : le pallidum ventral, une structure du cerveau qui s’active normalement lorsqu’on a faim, était totalement inactif chez les personnes qui détestaient le fromage. En revanche, il s’activait bien pour d’autres aliments. 


Mais plus surprenant, les neuroscientifiques relèvent que les zones du cerveau  impliquées dans le circuit de la récompense (le globus pallidus et la substantia nigra) se sont aussi activées chez ces personnes. Ces aires cérébrales étaient même plus vives chez elles que chez celles qui adoraient le fromage. "Il semble donc que ces structures classiquement impliquées dans le traitement de la récompense, sont aussi sollicitées en réponse à un stimulus aversif, détaillent les chercheurs dans un communiqué. Ces régions comprennent deux types de neurones avec des activités complémentaires : l’une liée au caractère récompensant d’un aliment, l’autre à son caractère aversif". "Entre l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas", selon le proverbe. Entre l’attrait et le dégoût pour le fromage, il y a les neurones.   

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