Les perturbateurs endocriniens, les jeunes et leur fertilité

Les perturbateurs endocriniens, les jeunes et leur fertilité

SEXE - Se faire du bien sans se faire du mal, voilà le message que veut faire passer l'association Générations Cobayes dans sa campagne de prévention contre les perturbateurs endocriniens. Son but ? Réclamer davantage de transparence pour les ingrédients utilisés dans les lubrifiants et autres produits intimes.

On les utilise sans le savoir. À l'occasion de la campagne "Protège tes hormones", l'association Générations Cobayes a voulu savoir quel était le niveau d'informations des 18-34 ans sur les perturbateurs endocriniens. Qu'est-ce que les parabènes, phtalates et le bisphénol A  ? En quelles quantités sont-ils présents dans notre du quotidien ? Que modifient-ils dans notre corps ? En quatre semaines, 35 000 jeunes ont répondu au questionnaire en ligne, élaboré en partenariat avec le Réseau Environnement Santé (RES) et l'institut Notéo.

Les perturbateurs endocriniens sont décrits comme des "substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme. Elles peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l'organisme d'un individu ou ses descendants". Ils se trouvent principalement dans les emballages alimentaires et les produits cosmétiques : 71 % des fonds de teint contiennent des parabènes et 30 % des dentifrices du Triclosan, estime l'institut Notéo.

50 % des jeunes ne connaissent pas les phtalates

De nombreuses études ont mis en avant leurs conséquences sur la santé : cancers hormono-dépendants, troubles comportementaux mais surtout atteinte à la fertilité. Une étude de l'InVS révélait que le taux de couple n'ayant pu concevoir après 12 mois sans contraception est passé de 14 % en 1991 à 24 % en 2012. "L'exposition aux perturbateurs endocriniens constitue l'explication la plus vraisemblable à la baisse de fertilité observée ces dernières années", explique le toxicologue André Cicolella, président de l'association RES.

Mais les jeunes sont-ils assez informés de ces risques ? Si 44 % des sondés ont déjà entendu parler des parabènes, 30 % ignoraient l'existence du bisphénol A. Un chiffre qui monte à 50 % pour les phtalates. Par ailleurs, 39 % d'entre eux connaissent des amis qui ont du mal à avoir des enfants et les principaux concernés évoquent est un "cycle hormonal détraqué". L'enquête attire particulièrement l'attention sur les lubrifiants, dont 80 % des sondés aimeraient connaître la composition.

Une étiquette trop floue

Mais celle-ci, souvent douteuse, ne figure nulle part sur les emballages. Et pour cause : contrairement aux cosmétiques, elle n'est pas obligatoire. "Les jeunes sont en demande d'une meilleure information, ce qui montre l'intérêt des pouvoirs publics et des industriels à agir pour une meilleure transparence des produits du quotidien", explique Damien Hensens, coordinateur de l'association dont les résultats de l'enquête seront transmis aux ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

"Le mouvement réclame davantage de transparence sur les ingrédients utilisés et lance une pétition à destination des fabricants", précise Damien Hensens. En Europe, le Bisphénol A est interdit dans les biberons depuis janvier 2011. Pour les autres perturbateurs endocriniens, la décision qui doit être prise par la Commission européenne depuis juin 2013 reste en suspens. Heureusement, il est facile de trouver des alternatives abordables comme des capotes en latex naturel et des lubrifiants à base d'eau.

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