L'étude santé du jour : boire du lait augmenterait le risque de fracture !

L'étude santé du jour : boire du lait augmenterait le risque de fracture !

CALCIUM – On vous a toujours dit que le lait était bon pour la santé, surtout celle de vos os. Mais une étude suédoise souligne que, chez les gens qui en boivent beaucoup, le taux de fracture de la hanche est élevé. Explications.

Le lait contient du calcium et vos os en ont besoin pour être plus solides. Ce qui en fait l'aliment idéal pour lutter contre l' ostéoporose . Mais des chercheurs suédois, rappelant que le lait est aussi une source de D-galactose , une substance qui réduit l'espérance de vie chez l'animal, ont voulu vérifier si la consommation de lait était associée avec des problèmes de santé.

Augmentation du taux de mortalité

Les résultats ont été publiés dans la revue BMJ . Et boire du lait à l'âge adulte ne semble pas vous faire du bien. Au contraire : une alimentation forte en lait est liée à des taux élevés de maladies cardiovasculaires et de mortalité par cancer.

Boire trois verres de lait par jour, au lieu d'un par jour, multiplie par 1,93 le taux de mortalité chez la femme et par 1,10 chez l'homme. Conséquence : chaque verre de lait supplémentaire par jour multiplie par 1,15 chez la femme et 1,03 chez l'homme le taux de mortalité. Qui plus est, les femmes qui consomment trois verres de lait par jour ou plus ont 1,6 fois plus de risques de fracture de la hanche. En revanche, cet effet n'a pas été observé chez l'homme.

EN SAVOIR + >> Le lait ne protègerait pas les os des fractures

Lien de causalité (inversé ?)

Les chercheurs admettent qu'en théorie ces fractures peuvent s'expliquer par le phénomène de causalité inversée. C'est-à-dire que les personnes avec des prédispositions à l'ostéoporose auraient délibérément augmenté leur dose quotidienne de lait. Mais ils signalent qu'ils ont pris en compte le moment de la première fracture pour limiter ce biais. Sans compter que l'existence de cette causalité inversée est contredite par le fait que les antécédents familiaux de fracture de la hanche ne sont pas associés à une consommation de lait plus élevée.

Pour les Suédois, ces résultats questionnent donc la validité des recommandations de consommer beaucoup de lait pour prévenir des fractures dues à la fragilité des os. Le chercheur de l'Inserm Jean Ferrières, dont les travaux portent sur la nutrition et l'épidémiologie des maladies cardiovasculaires, rappelle qu'il faut prêter attention au contexte. Les femmes suivies l'ont été à partir de 1987-1990 (elles avaient alors entre 39 et 74 ans) et les hommes dès 1997 (45-79 ans à l'époque). "Cette nutrition n'est pas contemporaine. Qui aujourd'hui boit trois verres de lait par jour ?" Par exemple, en France, entre 1998 et 2007, la consommation de lait a baissé de 17% (pour en savoir plus, lisez ce rapport du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière ).

Modes alimentaires

En outre, les données concernant la consommation ont été obtenues par des "questionnaires de fréquence". Or ces questionnaires peuvent être biaisés, puisqu'ils sont déclaratifs. Mieux vaut faire venir un nutritionniste pour vérifier les volumes et la totalité des nutriments ingérés. Et entre le moment où le questionnaire est rempli et celui où intervient le décès de l'individu ou la fracture de sa hanche, peut-être que celui-ci a changé ses modes alimentaires.

Finalement, même les auteurs de cette étude recommandent d'interpréter leurs résultats avec précaution et d'attendre qu'un lien de causalité soit démontré dans des études expérimentales. En attendant de définir la quantité de lait qui permet de se protéger des fractures et des maladies cardiovasculaires, souvenez-vous d'une chose basique : "La boisson naturelle, ce n'est pas le lait : c'est l'eau."

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