L'étude santé du jour : les futurs papas aussi ont des hormones de grossesse

L'étude santé du jour : les futurs papas aussi ont des hormones de grossesse

PATERNITÉ – La grossesse produit des changements physiologiques chez les hommes qui vont bientôt être pères. C'est hormonal.

Un premier enfant, ça change votre vie. Avant même qu'il naisse, pendant la grossesse, vos sécrétions hormonales s'en trouvent bouleversées. Et ce, que vous soyez la future maman... ou le futur papa. Une étude publiée dans l'American Journal of Human Biology révèle en effet que le taux prénatal de testostérone et d' œstradiol décline significativement chez les hommes qui attendent leur premier enfant. Comme si eux aussi étaient enceints – ce qui pourrait expliquer que certains accusent quelques kilos de grossesse.

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"D'autres études ont montré que la sécrétion hormonale chez les hommes changeait une fois qu'ils étaient pères, mais nos résultats suggèrent que ces changements interviennent encore plus tôt", écrit dans un communiqué le docteur Robin Edelstein, principal auteur de cette étude. Ainsi, le taux de testostérone est passé en moyenne de 50,23 picogrammes par millilitre de salive lors de la douzième semaine de grossesse à 47,62 à la trente-sixième. Quant au taux d'œstradiol, il est passé sur la même période de 2,34 à 2,13 microgrammes par décilitre.

Stimuler l'attachement paternel

Certes, les fluctuations hormonales sont loin d'atteindre le même ordre de grandeur que chez la femme. Chez elle, on observe une multiplication par 5,5 du taux de testostérone (qui passe de 9,89 à 54,15 pg/mL) et par 12 de celui d'œstradiol (qui passe de 6,69 à 80,96 μg/dL). Toutefois, cela prouve que ces hormones sont aussi à l'œuvre chez l'homme et jouent un rôle sur le comportement et l'affection paternels.

D'autres études avaient souligné un taux de testostérone plus faible chez les pères que chez les non-pères et fait l'hypothèse que ce déclin post-partum chez l'homme stimulait l'attachement paternel en réduisant l'agressivité envers l'enfant. D'autres encore avaient relevé que les niveaux d'œstradiol étaient plus élevés chez les nouveaux pères par rapport aux hommes sans enfant, ce qui laissait supposer un rôle de cette hormone, généralement associée aux soins prodiguées et aux liens sociaux, dans la fonction paternelle.

État psychologique et libido

Cependant, cette étude ne précise pas à quel moment exact intervient le déclin de testostérone et d'œstradiol pendant la grossesse. Et comme les chercheurs n'ont pas mesuré les taux hormonaux avant la conception de l'enfant ou après la naissance, il est possible que les changements observés soient une conséquence durable du lien de couple plutôt que de l'approche de la paternité en tant que telle.

Le docteur Edelstein admet aussi que ses travaux ne permettent pas de savoir à quoi exactement sont dues ces fluctuations hormonales : "Ces changements peuvent dépendre de l'état psychologique des hommes qui vont devenir pères ou de modifications de leur relation romantique voire physique avec leur compagne enceinte." Peut-être bien que c'est la modification de la libido des futurs parents, due à la présence de bébé dans le ventre rond, qui est à l'origine de cette variation hormonale.

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