Levothyrox : les effets secondaires simplement dus au changement de traitement induit par la nouvelle formule ?

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SANTÉ - Depuis la commercialisation de la nouvelle formule du Levothyrox en mars, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les effets secondaires qu'engendrait ce médicament qui traite la thyroïde. Mercredi, l'Agence du médicament (ANSM) a affirmé dans un rapport que ceux-ci étaient dus au changement de traitement induit par cette nouvelle formule, et non aux nouveaux composants des comprimés.

Les effets secondaires dont se plaignent des milliers de patients ne seraient en fait pas dus à la nouvelle formule du Levothyrox. Selon les premiers résultats de l’enquête de pharmacologie publiés mercredi par l’Agence du médicament (ANSM), les troubles seraient davantage dus à "un déséquilibre thyroïdien" causé par le changement de traitement.


"Tous les effets indésirables témoignent d'un déséquilibre thyroïdien en lien avec le changement de traitement ; aucun effet indésirable d'un type nouveau, qui serait spécifique de la seule nouvelle formule, n'a été retrouvé", explique l'ANSM dans un communiqué. Selon l’agence, un changement de spécialité ou de formule peut entraîner un déséquilibre hormonal et nécessiter "un réajustement du dosage". Ce qui peut prendre un peu de temps.

Des effets secondaires déjà connus avec l'ancienne formule

Prescrite depuis mars dernier aux malades de la thyroïde, la nouvelle version du médicament a le plus souvent engendré de la fatigue, des maux de tête et des insomnies. Des vertiges, des douleurs articulaires et musculaires et des chute des cheveux ont également été fréquemment rapportés. Ils étaient déjà connus avec l'ancienne formule du Levothyrox. Au 15 septembre, 14.633 signalements avaient été reçus par les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), rapporte l’ANSM. Ils représentent 0,6% des 2,6 millions de patients traités avec la nouvelle formule du médicament, qui fait partie des plus prescrits en France.


Par ailleurs, 5.062 cas ont été classés comme graves. Ils concernent à 90,7% des femmes. Quatre de ces personnes sont décédées, mais "le lien avec Levothyrox n'est pas établi", précise le rapport de l'enquête. Aujourd’hui, les auteurs de ce rapport souhaitent la mise en place d’un groupe de travail "constitué de professionnels de santé, pharmacovigilants et patients afin de poursuivre les investigations". En parallèle, l’ANSM a lancé une étude de pharmacoépidémiologie pour étudier les effets du changement de formule sur l’ensemble des patients traités.

Des alternatives au Levothyrox dès le 16 octobre

Commercialisée en mars dernier, la nouvelle formule du Levothyrox avait été commandée par l’ANSM au laboratoire Merck en 2012. Le but : rendre le produit plus stable dans le temps. Le 15 septembre, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé le retour sous quinze jours de l'ancienne formule. Une annonce qui a été suivie, le 2 octobre, de la livraison de l’ancienne formule dans les pharmacies. Le nombre de boîtes était cependant très limité. L’ANSM a de son côté annoncé mercredi qu’une alternative au Levothyrox, mise au point par le laboratoire Sanofi et commercialisée depuis plusieurs années en Allemagne, serait disponible à partir du 16 octobre. Un autre médicament sera également disponible en novembre.

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