Maisons de santé, télémédecine, et ... médecins retraités : les annonces du gouvernement contre les déserts médicaux

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SANTÉ - Pour combattre les déserts médicaux, le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn veulent doubler le nombre de maisons de santé, "faciliter" les initiatives locales, inciter les médecins libéraux à cumuler retraite et activité, et développer la télémédecine.

Le gouvernement veut "faciliter" les initiatives locales et "les organisations innovantes" dans chaque territoire pour lutter contre les déserts médicaux, ont annoncé le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn en dévoilant leur plan vendredi à Châlus (Haute-Vienne). L'exécutif mise sur la "confiance" aux professionnels de santé, ainsi que sur des "mesures de simplification législatives ou réglementaires" pour proposer "un panel de solutions adaptables à chaque territoire". 


Les mesures coercitives pour envoyer des médecins dans les zones en pénurie ne sont pas une solution, a rappelé le Premier ministre. La ministre, quant à elle, présidera un "comité national de suivi des actions locales" chargé "d'identifier les dispositifs qui fonctionnent, de les évaluer et d'adapter les mesures mises en oeuvre". En plus de ce comité, plusieurs mesures concrètes ont été annoncées.

Doubler le nombre de maisons de santé

Comme attendu, le plan acte l'objectif de doubler le nombre de maisons de santé (910 recensées en mars 2017) sur le quinquennat en leur consacrant 400  millions d'euros. Cette mesure faisait partie des promesses de campagne d'Emmanuel Macron.


"Dans le cadre du grand plan d'investissement, nous avons prévu d'investir 400 millions d'euros pour participer au financement des 1.000 maisons et centres de santé sur 5 ans", a précisé Edouard Philippe.

Zones en tension : des aides à l'installation et un cumul emploi-retraite facilité pour les médecins libéraux

Le gouvernement veut faciliter le cumul emploi-retraite des médecins libéraux, grâce à un avantage élargi en matière de cotisation dans les zones en tension. Concrètement, ces médecins seraient dispensés de cotisation au régime de Prestation Complémentaire Vieillesse (PCV) jusqu'à 40.000 euros dans ces zones en tension, contre 11.500 euros actuellement.


Autre annonce concernant les territoires en tension : 200 millions d'euros seront consacrés au déploiement d'aides à l'installation sur ces zones où les médecins manquent. Les zones éligibles à ces aides passeront de 7 à 18% du territoire

national, a précisé Edouard Philippe.

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Encourager les "consultations avancées" et de nouvelles compétences pour les infirmiers

Autre proposition : favoriser les "consultations avancées", par exemple quand un cardiologue hospitalier reçoit des patients une fois par semaine dans une maison de santé. Le gouvernement a annoncé la création de 300 postes de médecins partagés, entre la médecine dite de ville et la pratique hospitalière. 


Edouard Philippe a également annoncé le développement du dispositif Asalée, qui permet aux infirmiers de réaliser des actes dérogatoires, comme par exemple des dépistages. De nouvelles formations seront proposées dès la rentrée 2018 pour permettre aux infirmiers d'acquérir de nouvelles compétences "ensuite reconnues par des rémunérations spécifiques". Objectif affiché : mieux prendre en charge les personnes atteintes de maladies chroniques, en collaboration avec les médecins.

Développer la télémédecine

Le développement de la télémédecine passera lui par des négociations entre l'Assurance maladie et les médecins début 2018. Objectif : fixer le tarif de la consultation à distance pour les médecins et pour celui qui recevrait le malade. Un matériel de téléconsultation est également promis à tous les Ehpad, qui s'occupent des personnes âgées dépendants, d'ici 2020. Les fonds consacrés à la télémédecine seront doublés pour passer à 18 millions d'euros.

   

Pour illustrer ces mesures par un cas concret, Edouard Philippe a utilisé l'exemple... d'un grain de beauté. En cas de doute, un médecin généraliste pourrait consulter à distance un dermatologue en lui envoyant une photo. Pour cela, le gouvernement compte régler les problèmes de connexion internet dans certains territoires grâce au plan haut débit et très haut débit. 

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