Pourquoi des cabinets de dentistes ferment ce lundi

Pourquoi des cabinets de dentistes ferment ce lundi

BUCCO-DENTAIRE - Certains cabinets de dentistes étaient fermés ce lundi à l'appel du premier syndicat dentaire qui réclame une revalorisation de certains actes et de meilleurs remboursements par la Sécurité sociale.

Vous téléphonez à votre dentiste, à votre surprise, personne ne répond et ce message vocal résonne à vos oreilles : "c'est pour vous permettre un meilleur remboursement que votre chirurgien-dentiste se bat". Ce lundi, certains cabinets sont fermés à l'appel du premier syndicat dentaire, la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD), qui représente un tiers des 37 000 dentistes libéraux. Avec cette initiative, ces professionnels veulent protester contre le gel des remboursements de certains actes comme les prothèses dentaires "depuis 25 ans".

Le syndicat réclame également une revalorisation des tarifs des soins de base (détartrage, carie, extraction) "qui représente 65 % de notre chiffre d’affaires", précise à metronews le Dr Thierry Soulié, secrétaire général de la CNSD. "Ce type de soins est sous-remboursé. De fait, un cabinet ne pas vivre de ces actes-là et le patient rencontre un véritable problème d'accès au soin du fait d'un reste à charge trop important", ajoute-t-il, précisant que "l’intervention des complémentaires santé n’allège pas suffisamment la note pour le patient.

"Comme un SMIC qui ne bouge pas depuis 25 ans"

Pour Thierry Soulié et les autres membres de la CNSD, l'objectif n'est pas de pénaliser le patient mais au contraire "de permettre un meilleur remboursement". "Cela fait des années que l'Assurance maladie n'investit plus dans le dentaire. C'est comme un SMIC qui ne bouge pas depuis 25 ans. Alors les praticiens se tournent davantage vers des actes aux honoraires libres. Il faut retrouver un équilibre en réinvestissant dans les soins de base", souligne Thierry Soulié, qui reconnaît que le mouvement est "inégalement suivi pour diverses raisons".

Cette grève survient alors qu'une étude de 60 millions de consommateurs avait dénoncé en novembre des dépassements d’honoraires injustifiés. "Pour la pose d’une couronne céramo-métallique, par exemple, en moyenne, vous paierez 550 €. Or, l’Assurance maladie ne prend en charge que 75,25 €", précise l'étude. Ses auteurs révèlent aussi quelques surprises. "On découvre que des dépassements d’honoraires sont appliqués sur des soins conservateurs et des extractions, alors que ces actes sont à "tarifs opposables", ajoutent-ils.

Le boycott des feuilles de soins

En réponse, de nombreux dentistes avaient déjà affirmé que le gel des tarifs de la Sécu les conduit à "compenser" sur les actes à honoraires libres. "Cette étude est biaisée car elle ne concerne que Paris, mais si cela continue, cette règle pourrait effectivement s'imposer partout…", confirme Thierry Soulié, avant de conclure : "Il faut que l'Assurance maladie obligatoire et la complémentaire santé s'investissent plus pour que nous puissions signer des accords de modération des tarifs pour permettre aux patients de payer un reste à charge moins important".

Dimanche, la CNSD avait déjà appelé à une grève des gardes dentaires visant à réclamer également la parution d'un décret qui doit permettre d'harmoniser les dispositifs, mais aussi de mieux rémunérer les gardes, à hauteur de 75 euros la demi-journée, et une majoration spécifique en cas d'intervention. A partir de demain, elle recommande de ne plus télétransmettre directement de feuilles de soins à l'assurance maladie. Le but est de repousser les remboursements car les patients devront envoyer les feuilles en papier.

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