Première greffe d'utérus : l'Angleterre l'autorise, la France va l'essayer

Première greffe d'utérus : l'Angleterre l'autorise, la France va l'essayer

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CHIRURGIE - C'est une prouesse médicale sans précédent. A la suite d'un essai clinique réussi en Suède, l'Angleterre a décidé d'autoriser la greffe d'utérus pour les femmes qui n'en ont pas. La France elle, a autorisé un premier essai clinique sur huit femmes au CHU de Limoges.

C'est une nouvelle qui pourrait révolutionner la médecine reproductive. Les premières greffes d'utérus vont pouvoir être effectuées au Royaume-Uni et cela dès le printemps prochain.

Cela fait suite à une première mondiale, réalisée en Suède. Dans le cadre d'un essai clinique des patientes se sont vues greffer un utérus. Elles étaient nées sans ou avaient été victimes d'un cancer dont le traitement avait nécessité une hystérectomie (ablation totale de l'utérus). L'une d'entre elles avait par la suite donné naissance à un bébé en parfaite santé . A la suite de ce succès, la Grande-Bretagne a donc autorisé ces essais avec pour objectif de faire naître un premier enfant de ces utérus transplantés. Quand les patientes opérées n'en auront plus besoin, elles se verront à ce moment-là retirer l'utérus de la donneuse.

En France, l'Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a autorisé une équipe médicale à faire une transplantation d'utérus dans le cadre d'un essai clinique au CHU de Limoges. Huit femmes seront donc greffées et la première intervention se déroulera "fin 2016", selon Tristan Gauthier, gynécologue-obstétricien du CHU de Limoges.

Un premier bébé à l'horizon 2018

L'intervention (qui dure environ 6 heures) prévue au Royaume-Uni, ne permettra pas de relier l'utérus aux trompes de fallopes. Ces femmes, dont les ovaires fonctionnent et peuvent donc produire des ovules, se verront implanter des embryons fécondés via la méthode in vitro.

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Pour le Docteur Richard Smith qui dirige l'équipe de gynécologues de l'hôpital Queen Charlotte’s de Londres, qui prendra en charge cet essai, "l'infertilité est une très lourde épreuve pour de nombreux couple. Savoir qu'on ne pourra pas porter d'enfant est très difficile à accepter pour une femme et le recours à une mère porteuse par exemple, ne remplace pas ce désir."

L'équipe médicale a bon espoir que le premier bébé anglais issu de cette prouesse chirurgicale puisse voir le jour dès 2018.

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