Rentrée scolaire 2016 : comment gérer les angoisses de ses enfants ?

Rentrée scolaire 2016 : comment gérer les angoisses de ses enfants ?

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RENTRÉE – Nos chères têtes blondes sont excitées à l’idée de reprendre l’école, d’autres un peu plus inquiètes. Que devons-nous dire, faire ou ne pas faire, pour apaiser leurs angoisses ? Eléments de réponses avec la psychologue Florence Millot.

Respecter des règles strictes, obligation de résultats scolaires, rivalité entre camarades... Pas de doute, les vacances sont presque terminées. Si la scolarité est une étape majeure dans le développement des enfants, plusieurs éléments se révèlent anxiogènes. 


Certains parents peuvent alors se sentir démunis et manifester de l’anxiété. Alors, comment aider son bout de chou à vivre au mieux cette période qui va susciter en lui des joies mais aussi des peines et des frustrations ? LCI fait le point sur les principales craintes des enfants, en fonction de leur tranche d’âge, et vous donne des pistes pour les accompagner dans ce moment toujours délicat. 

A 3 ans, le cap de la séparation

"La principale difficulté pour les plus petits est qu’ils sont encore très dépendants de leurs parents, explique la psychologue pour enfants et adolescents, Florence Millot. A cet âge, l’enfant a plus de difficultés à s’adapter aux changements."


Si vous ressentez que votre enfant éprouve des difficultés et qu’il n’arrive pas à les exprimer, n’hésitez pas à passer par les jeux. Louise Reid, coach de vie et auteure de Guérir l’anxiété de nos enfants (éd. Dangles), recommande par exemple le dessin. S’il ne sait pas par où commencer, vous pouvez lui suggérer de représenter ses différentes peurs comme celle du noir, d’un monstre etc…  "Il est important pour l’enfant de formuler ses craintes pour bien les évacuer", conseille la psychologue Florence Millot. 


A 6 ans, la pression scolaire se fait sentir

Lorsqu’un enfant entre au CP, les parents ont tendance à lui mettre une grosse pression sur les épaules : "Là, tu vas passer chez les grands, tu vas devoir être sage et avoir de bonnes notes", donne en exemple la psychologue. Or, "à cet âge, les parents doivent laisser leur progéniture faire ses propres expériences ", conseille-t-elle. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu'il faut la laisser tout seul et cela n’empêche pas de la rassurer en lui rappelant que vous êtes là pour l’épauler. 


Pour repérer les signes de l’anxiété, l’important est de rester attentif. Mais attention, "ce n’est pas parce qu’un enfant ne dit rien que tout va bien, précise Florence Millot. La peur de déplaire ou de se faire gronder peut le bloquer. Dans ce cas, il faut le questionner subtilement avec des phrases comme 'qui sont tes copains ?', 'à quoi vous aimez jouer ?'…"Et si quelque chose ne va pas, la psychologue conseille de ne pas le rassurer trop vite mais de l’aiguiller. Par exemple : "Si ce copain un peu costaud t’embête, qu’est-ce que tu aimerais lui dire, qu’est-ce que tu voudrais faire ?" L’objectif consiste à lui laisser faire son propre cheminement. En revanche, s’il ne souhaite pas en parler tout de suite, il faut aussi accepter de lui laisser un délai de réponse.


A 12 ans, la peur de ne pas avoir d’amis

L’entrée en 6e est synonyme de nombreux changements : plusieurs professeurs, des horaires flexibles, l’échéance du brevet. Bref, l’heure est à la res-pon-sa-bi-li-sa-tion. Mais la plus grande inquiétude de l’enfant de 12 ans est celle de ne pas s’intégrer à un groupe d’amis. Là encore, la psychologue recommande de le faire parler mais sans le braquer. Par exemple : "Je vois que tu n’es pas bien mais je suis là si tu souhaites m’en parler. " En clair, il faut respecter sa pudeur d’adolescent sans se montrer trop impatient. Et au moment où il décide de se confier ? Même fonctionnement que pour les plus jeunes. Il ne faut pas induire des solutions mais l’inciter à les trouver lui-même. 


Enfin, gardez en tête que l’angoisse n’est pas une question d’âge mais de nature. "Contrairement à l’inquiétude qui s’exprime à la suite d'une mauvaise expérience vécue, l’angoisse est une fausse croyance qui développe la peur ", précise Florence Millot. Or, l’angoisse des enfants perdure bien souvent à l’âge adulte sous d’autres formes. D’où l’importance de les accompagner tout au long de leur développement. 


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