Scandale de la Dépakine : enquête ouverte pour tromperie aggravée et blessures involontaires

Scandale de la Dépakine : enquête ouverte pour tromperie aggravée et blessures involontaires

Le scandale Dépakine

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ENQUÊTE - Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire concernant l'antiépileptique, prescrit à des femmes enceintes malgré les risques connus pour la santé du fœtus.

Des juges d'instruction vont enquêter sur le scandale de la Dépakine, cet antiépileptique prescrit à des femmes enceintes  malgré les risques connus pour la santé du foetus. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire concernant ce médicament controversé, a-t-il fait savoir le 23 septembre. Cette décision fait suite à l'enquête préliminaire menée sous son autorité depuis septembre 2015. Les investigations porteront sur la période 1990-2015.  

 

Pour rappel, plus de 14.000 femmes auraient pris le traitement entre 2007 et 2014, selon le  rapport de l’Agence nationale du médicament (ANSM)  et comme l'a reconnu le ministère de la Santé en août dernier. Plus de 12.000 enfants en France pourraient souffrir de séquelles, selon l'épidémiologiste Catherine Hill, qui a établi une estimation "prudente"  à partir des ventes du médicament et du nombre de femmes enceintes traitées. Lorsqu'une femme enceinte prend ce médicament, son enfant présente en effet un  risque de l'ordre de 10 % de malformations congénitales, et un risque accru d'autisme et de retards intellectuels et/ou de la  marche, pouvant atteindre jusqu'à 40 % des enfants exposés.  Connues depuis les années 1980, les malformations portent principalement  sur le coeur, les reins, les membres, la colonne vertébrale, et des becs de lièvre. 

Quinze ans d'attente

Les risques neuro-développementaux ont commencé à émerger au milieu des années 1990, mais il faudra attendre 2006 pour que le médicament, indispensable  chez certains patients ne répondant pas aux autres antiépileptiques, soit  déconseillé en cas de grossesse, et un arbitrage européen en novembre 2014 pour que l'ensemble des risques soient répertoriés. L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a rendu en février 2016  un rapport qui pointe la "faible réactivité" du laboratoire commercialisant la  Dépakine, Sanofi, mais aussi de l'agence du médicament, l'ANSM, qui n'ont pas suffisamment informé des risques connus pour les patientes enceintes. 


La molécule en cause, le valproate de sodium, est considérée comme un  médicament de référence. Il est commercialisé par le laboratoire Sanofi depuis 1967 sous la marque Dépakine, mais existe aussi en générique. Il est aussi prescrit aux personnes souffrant de troubles bipolaires sous les noms de  Dépamine et de Dépakote.


 

                                                          LIRE AUSSI : le dossier de LCI.fr sur le scandale de la Dépakine

VIDÉO - Dépakine : un scandale à 6 milliards d'euros :

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