SIDA : un médicament préventif prescrit en France

SIDA : un médicament préventif prescrit en France

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VIRUS – Le Truvada® peut prévenir l'apparition du VIH chez des patients à risques. Il peut empêcher la contraction de la maladie et cela même si le rapport sexuel s'est fait sans protection. Le médicament n'est pas encore autorisé préventivement en France mais une équipe de l'hôpital Saint-Louis à décidé de le prescrire.

Ils ont décidé de passer en force. Le service du professeur Jean-Michel Molina à l'hôpital Saint-Louis en partenariat avec l'association AIDES ouvre une consultation spécifique durant laquelle le Truvada® pourra être prescrit. Ce médicament permet de prévenir la contamination par le VIH lors d'un rapport sexuel non protégé.

Problème, si sur le papier tout semble simple, en réalité tout est beaucoup plus alambiqué. Ainsi, si de nombreux essais cliniques ont prouvé l'efficacité du Truvada® en matière de prévention, l'autorisation formelle de mise sur le marché de ce médicament n'a cependant pas encore été délivrée par les autorités françaises.

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Même si de nombreux avis ont été donnés en ce sens, l'autorisation temporaire d'utilisation formelle de la molécule n'a pas encore été validée par l'agence du médicament (ANSM). Contactée par metronews l'agence mise toutefois sur un délai de "quelques semaines" pour faire connaître sa décision sans fournir toutefois de date précise.

Les populations à risques visées particulièrement

Cette molécule, originellement prescrite pour les personnes déjà infectées et ayant pour but de freiner l'apparition du virus, a donné de bons résultats  en matière de prévention lors de nombreux essais cliniques. Aux Etats-Unis le Truvada® est prescrit depuis 2012. Cette approche préventive dans la lutte contre le virus du Sida est appelée par les spécialistes la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Elle fonctionne de deux façons : soit un comprimé est ingéré chaque jour ; soit la prise cible particulièrement le rapport non protégé, une méthode qui est préconisée en France. Ainsi un comprimé est pris 24 à 2 heures avant le rapport un autre 24 heures après puis un dernier 48 heures après.

Cette consultation ouverte dès mardi dernier a pour ambition de s'adresser à des populations particulièrement à risques. Ainsi les homosexuels ayant des rapports annaux non protégés mais également les couples hétérosexuels séro-différents, les personnes originaires d'Afrique subsaharienne et enfin les prostituées sont des candidats potentiels pour cette nouvelle consultation.

500 euros la boîte de 30 comprimés

"A la suite de l'étude Ipergay , menée par l'équipe du professeur Molina à l'Hôpital Saint-Louis (étude qui visait à démontrer l'efficacité du Truvada® en matière de prévention), nous nous sommes rendus compte que beaucoup de personnes tentaient de se procurer la PrEP hors circuit. Hors en tant que soignants quand il y a une possibilité de prescription, il faut agir", explique à metronews Marc Dixneuf, Directeur général délégué de AIDES.

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Cette étude a donné de très bons résultats car les volontaires qui ont respecté scrupuleusement la posologie n'ont à ce jour pas été infectés par le VIH. Mais si le Truvada® fonctionne très bien il est aussi extrêmement cher. La boîte de 30 comprimés avoisine en effet les 500 euros. Ce qui rend encore plus nécessaire une recommandation temporaire d'utilisation à visée préventive pour que le médicament puisse-t-être pris en charge par l'assurance maladie. "Il faut que cela soit fait car, que les choses soient claires, poursuit Marc Dixneuf, autoriser ce traitement aura une efficacité immédiate sur la dynamique de l'épidémie."

Le Truvada® ne vise pas à remplacer le préservatif

Mais cette posologie n'est-elle pas extrêmement contraignante en plus d'être onéreuse par rapport, au préservatif ? "Ce traitement vise des populations qui en plus d'avoir un nombre important de partenaires, ont des rapports très fréquents. Cela multiplie les risques d'avoir des relations sexuelles non protégées. Qui plus est si l'on appartient à un groupe ou la prévalence de la maladie est forte."

"Aujourd'hui nous ne sommes plus dans les années 90 et nous avons en 2015, des données plus précises sur la transmission de la maladie et les pratiques de chacun. Cela nous permet de trouver plus de solutions adaptées et le Truvada® en est une."

Une solution qui ne vise en aucun cas à remplacer le port du préservatif , qui reste la pierre angulaire du dispositif de prévention, mais qui offre une alternative pour des situations ou ce dernier constituerait une protection insuffisante.

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