Stilnox : quel est ce somnifère (presque) reclassé comme un stupéfiant ?

Stilnox : quel est ce somnifère (presque) reclassé comme un stupéfiant ?

MÉDICAMENT – Parce que l’hypnotique connu sous le nom de Stilnox expose ses utilisateurs à un risque de dépendance important et de détournement de ses usages, le ministère de la santé prévoit dans un décret publié ce mardi de durcir sa prescription d’ici le 10 avril prochain.

Pour tomber dans les bras de Morphée, certains ne peuvent se passer d’un (ou plusieurs) comprimé de Stilnox. Ce puissant somnifère est en effet prescrit en cas d’insomnie. Mais comme il fait courir un "risque de pharmacodépendance, d’abus et d’usage détourné", le ministère de la santé souhaite restreindre sa prescription. Un arrêté du 7 janvier, publié mardi 10 janvier au Journal Officiel, indique qu’une "partie de la réglementation des stupéfiants" lui sera applicable dans 90 jours. 


LCI revient sur un médicament dont 20 à 22 millions de boîtes s’écoulent chaque année à travers l’Hexagone.

Limiter les détournements grâce à une ordonnance "sécurisée"

A partir du 10 avril prochain, l’ordonnance sera plus difficile – voire impossible - à falsifier. Le médecin devra ainsi la rédiger sur un support comprenant un filigrane pour éviter tous risques de photocopie réalisée incognito. En outre, il devra indiquer en toutes lettres le nombre de comprimés et de prises et le confirmer dans un encadré. S’ajoute à ce procédé, la mention d’un numéro spécifique. Un médecin différent ne pourra pas non plus délivrer une autre ordonnance sauf s’il en fait la mention express. 


Autre mesure visant à restreindre les détournements : la limitation de la durée pour retirer ses médicaments en pharmacie. Les patients ne disposeront plus que de trois jours pour bénéficier de leur traitement complet.  Le Stilnox n’est donc pas directement inscrit sur la liste des stupéfiants. Mais sa nouvelle réglementation l’y rapproche donc fortement. 

Respecter le délai de prescription pour limiter les dérives

Après avoir constaté des cas d’abus et de dépendance, comparables à ceux des benzodiazépines, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a inscrit le 15 juillet 2002 la substance sur la liste des psychotropes au niveau international. En France, la spécialité est inscrite sur la liste des substances vénéneuses. Sa durée de prescription est donc limitée à 28 jours. 


En cause, les résultats d’une enquête de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Les données collectées entre 1993 et 2002 révèlent que les effets psychiques positifs (euphorie et exaltation) ou sédatif rendent les patients de plus en plus dépendants. Mais en "développant une tolérance à l’effet hypnotique, (la population) peut être amenée à augmenter progressivement les doses", note l’ANSM. C’est l’effet pervers du médicament.


Outre ses vertus thérapeutiques, certains patients détournent le Stilnox de son usage originel. Le Monde souligne par exemple qu’il serait ainsi utilisé tel quel par les usagers de drogue pour ses effets relaxants ou associé à l’héroïne pour amortir la descente. L’ANSM rapporte également des utilisations dans un but de soumission chimique, communément appelé "drogue du violeur". 


Avec ce renforcement des mesures, le gouvernement poursuit sa guerre contre les benzodiazépines. Le Rohypnol ou le Tanxène, des médicaments appartenant à la famille, sont en effet déjà soumis aux mêmes restrictions.

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