Virus Zika et microcéphalie des bébés : les rumeurs vont bon train

Virus Zika et microcéphalie des bébés : les rumeurs vont bon train

VIRUS – C'est la maladie qui a semé la terreur sur le continent latino-américain. Le virus Zika n'en finit plus d'infecter les populations et avec lui un cortège de questions sur les complications qui pourraient en résulter. De quoi alimenter la machine à rumeurs. D'un vaccin à un larvicide Monsanto, metronews démêle le vrai du faux.

Son nom est sur toutes les lèvres. Le virus Zika continue de semer la terreur partout où il passe. Devant la véritable pandémie qui touche le continent latino-américain, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a même décrété une "urgence de santé publique de portée mondiale".

L'heure est grave car si le virus est, la plupart du temps, asymptomatique (sans symptômes visibles), il peut dans quelques cas engendrer des complications gravissimes. Ainsi, certains patients colombiens sont  décédés des suites du syndrome de Guillain-Barré et au Brésil près de 4000 nourrissons dont la mère a contracté le virus pendant la grossesse sont nés en présentant des lésions cérébrales sévères de type microcéphalie.

Un vaccin contre la rubéole en cause ?

Mais à l'heure où nous écrivons ces lignes, si tous les regards se tournent vers le virus Zika, il est aujourd'hui prématuré de conclure formellement que le virus engendre ces lésions aux cerveaux des bébés. L'OMS doit se prononcer sur ce lien de causalité dans quelques jours mais en l'absence de réponse définitive, il semble que d'autres théories, sans plus de fondements scientifiques vérifiés fleurissent.

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Dans un premier temps c'st un lot de vaccin contre la rubéole défectueux qui a été mis en accusation. Distribuée dans une région de Nordeste brésilien, l'injection en question ne peut pas expliquer à elle seule l'étendue du problème de microcéphalie dans le pays.

La théorie du larvicide semble se fissurer

Et voilà qu'il y a quelques jours une étude est venue semer le trouble. Un médecin argentin qui travaille sur les pesticides est venu accuser un larvicide produit par Monsanto , le pyriproxyfène. Ce produit a été utilisé au Brésil afin de détruire les larves du moustique  Ædes ægypti , responsable de la propagation de Zika mais aussi de la dengue, dans les réservoirs d’eau. C’est en buvant cette eau que les mères auraient été exposées et auraient donc contaminé le fœtus atteint plus tard de microcéphalie.

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Une théorie balayée par le fait que dans certaines zones du Brésil, où le pyriproxyfène n'est pas utilisé des cas de microcépahalies ont quand même été relevés. L'OMS, d'ailleurs, semble ne pas valider cette théorie.  Contactés pas nos confrères du quotidien Le Monde , au siège de l'organisation on explique :  "les experts de l’OMS ont examiné les données fournies par le fabricant et n’ont trouvé aucune indication que le larvicide ait des effets sur la reproduction et le développement. Ils ont noté que l’Agence de protection environnementale américaine et les enquêteurs de l’Union européenne sont parvenus à des conclusions similaires lorsqu’ils ont récemment effectué séparément une analyse du produit."

Continuer à jouer la carte de la prudence

Mais attention à ne pas conclure que Zika et microcéphalie ne sont pas liés, L'OMS va très prochainement donner son avis et nombreux sont les médecins et les chercheurs pour qui le doute d'une causalité entre les deux phénomènes n'est plus permis.

Alors, en attendant d'en savoir plus, continuez à respecter  les consignes de prudence  si vous vivez dans une zone touchée. Ainsi, ne laissez jamais d'eaux stagnantes à proximité de votre habitation. Veillez à utiliser des répulsifs et si vous êtes enceinte à doubler cette protection de vêtements longs. Enfin, si vous avez la moindre question relative à votre grossesse parlez-en à votre médecin ou à la sage-femme qui vous suit, ils sauront vous conseiller. 

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