Virus Zika : lien confirmé avec la microcéphalie

Virus Zika : lien confirmé avec la microcéphalie

MALADIE RARE – Une première preuve scientifique vient d'être établie entre le virus Zika et la microcéphalie. Metronews vous dit tout ce que vous devez savoir sur ce risque de malformation congénitale.

Après le lien confirmé entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré, ce vendredi une étude prouve scientifiquement pour la première fois le lien avec la microcéphalie du fœtus. En laboratoire, les chercheurs ont prouvé que le virus Zika attaque et détruit des cellules cérébrales humaines en développement.

Ils ont déterminé que le virus infecte de façon sélective les cellules souches qui forment le cortex cérébral les empêchant de se diviser normalement pour former de nouvelles cellules ce qui entraîne leur destruction. Le résultat de leurs recherches a été publié dans la revue américaine Cell Stem Cell .

Le 1er février, le comité d'urgence de l'OMS avait décrété que l'épidémie, associée aux cas de microcéphalie et aux autres troubles neurologiques, constituait une "urgence de santé publique de portée internationale". Le Brésil, qui compte désormais 1,5 million de cas, avait sonné l'alarme en octobre 2015, au moment de l'apparition d'un nombre inhabituellement élevé dans les régions du nord-est de cas de microcéphalie. Ce pays enregistre en moyenne 150 cas de microcéphalie par an. Mais depuis début octobre, quelque 641 nourrissons brésiliens ont été atteints de microcéphalie.

Si cette maladie rare n’a pas encore livré tous ses secrets aux chercheurs, les médecins savent la prendre charge. Une des premières causes de microcéphalie en France est due à l’intoxication du fœtus par l’alcool. Les autres origines, les conséquences sur l’enfant ou comment la prendre en charge, le Dr Sylvie Joriot, neuropédiatre au CHRU de Lille a répondu aux questions de metronews pour y voir plus clair.

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La microcéphalie, qu'est-ce que c’est ?
C’est un trouble du développement neurologique qui se caractérise par un volume du crâne réduit à la naissance. "On parle de microcéphalie quand le périmètre crânien est inférieur ou supérieur à 2 DS (déviation standard) par rapport à la moyenne des nourrissons", nous explique la spécialiste. Il est possible de le mesurer à l’aide d’un ruban métrique, en encerclant le front, les tempes et le postérieur du crâne. L’évolution de la courbe de l’enfant durant la croissance peut être suivie sur son carnet de santé.

Quelles peuvent en être les causes ?
Il existe plusieurs types de microcéphalies, les origines de la maladie sont donc multiples. Elle peut survenir suite à des anomalies génétiques, une intoxication du fœtus ou par la contamination d’un virus. "L’ingérence d’alcool ou de drogues pendant la grossesse interfère avec le développement des neurones du fœtus, explique le Dr Sylvie Joriot. Ce qui peut avoir pour conséquence de stopper le développement du cerveau." Le fœtus peut également être infecté par un cytomégalovirus, un virus qui passe inaperçu chez la femme enceinte mais qui peut provoquer des lésions cérébrales chez le bébé à naître, pouvant aller jusqu’à une microcéphalie.

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Si elle tombe malade, la mère transmet-elle automatiquement le virus à son enfant ?
"Non, dans 90% des cas, il n’y a pas de séquelles pour le fœtus, rassure la neuropédiatre. Mais si le taux de concentration du virus dans le sang de la mère est élevé, il peut passer dans le placenta." La prolifération du virus peut alors affecter le cerveau du nourrisson à différents endroits. Ce mécanisme serait le plus proche de ce qui se passe dans le cas d’une infection du fœtus par le virus Zika. Mais tant que le lien n’est pas prouvé, cela ne reste qu’une théorie.

Quelles sont les répercussions sur l’enfant ?
Elles varient en fonction de la gravité de la microcéphalie. "Certains enfants peuvent ne pas présenter de difficultés particulières, d’autres vont avoir du mal à parler, à marcher ou à réaliser des gestes précis, explique la spécialiste. Il est aussi possible que l’enfant ait du mal à se concentrer ou à apprendre." Des spécialistes comme les kinésithérapeutes ou les orthophonistes peuvent aider ces enfants à améliorer leurs capacités motrices et intellectuelles.

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Est-il possible de diagnostiquer la maladie ?
"Oui, la maladie peut être visible à l’échographie prénatale dès la 32ème semaine de grossesse, assure le Dr Joriot. Cependant, il arrive qu’on ne la découvre qu’à la naissance." Si la microcéphalie est décelée, un test sanguin et une IRM cérébrale sont réalisés pour confirmer le diagnostic. Mais en France, ces examens ne sont pas automatiques. D’où l’importance de signaler à votre gynécologue un voyage dans une zone où l’épidémie sévit si vous êtes enceinte. Les autorités sanitaires recommandent également le port du préservatif depuis que des cas de transmissions par voie sexuelle  ont été recensés.

En métropole, le risque d’être contaminé par le virus Zika est pour l’instant très faible. Mais il devrait s’accentuer à partir du mois de mai, période à laquelle les moustiques reprennent leur activité.

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