Mission en Terre Adélie #17 : au cœur de la base Dumont d'Urville

La mission Terre Adélie

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CARNET DE ROUTE - Une équipe de scientifiques français est partie il y a deux semaines sur la base française Dumont d’Urville, dans l’Antarctique. Tout au long du mois de janvier, nos reporters Michel Izard et Bertrand Lachat vous feront vivre cette aventure extraordinaire au pôle Sud. Voici la suite de leur périple.

Dès notre descente de l’hélicoptère direction le bâtiment 42. Je partage la chambre avec Etienne, un jeune menuisier. Il est sympa, il m’a laissé la couchette du bas. Dans quelques semaines il sera seul. Il va passer 13 mois ici. Nous sommes 80 en ce moment sur la base Dumont d’Urville.


Il y a deux catégorie de pensionnaires ici : les estivants et les hivernants. Sans tenir compte d’une troisième sous-catégorie marginale à laquelle moi, Bertrand Lachat, mon stylo et sa caméra, appartenons : celle des oiseaux de passage qui ne restent que le temps de la rotation dite R2/R2, soit une dizaine de jours sur place à la meilleure saison.

Les estivants, les "campagnards de l'été"

Les estivants sont plutôt nommés les "campagnards d’été". Il s’agit de chercheurs ou des techniciens de recherche qui viennent dans le cadre de programmes scientifiques (par exemple: Yann, chercheur qui étudie les manchots Adélie ou Solenn géologue de formation qui vient pendant 4 mois pour faire des manipulations dans un laboratoire de glaciologie. Il y a des techniciens spécialisés comme Olivier chaudronnier-scaphandrier qui fait des travaux en plongée sous-marine pour réparer ou installer des infrastructures nécessaires à la station. Ils vont rester entre 2 et 5 mois.


Et puis il y a les hivernants. C’est le nec plus ultra. Ils vont passer ici au moins treize mois. Ils seront 23 cette année pour le 67ème hivernage en Terre Adelie. Nom de code TA 67. C’est à dire le 67 ème hivernage des équipes françaises en Antarctique. On notera que dans ce décompte le voyage de Dumont d’Urville en 1840 est considéré comme le le 1er le TA 1. Notre histoire se prolonge.

Les manchots, stars de l'Antarctique

Parmi eux, Coline, qui vient pour un programme de suivi des oiseaux: les manchots bien sûr, les stars du lieu mais aussi les pétrels des neiges, les grands pétrels, les damiers du Cap ou les Squa, mi vautour mi goëland.  Ou Bertrand le chef mécanicien, il a en charge le coeur battant de la station, la centrale où l’on produit l’eléctricité, l’eau chaude du chauffage et l’eau douce en désalinisant l’eau de mer. Sans elle on ne passerait pas l’hiver. Il rêvait de la Terre Adélie. 


A sa pause, dehors, pas 2 degrés, il fait chaud aujourd’hui en ce début d’après midi, il nous dit "c’est la plus belle centrale du monde, vous vous rendez compte, à 10 mètres des manchots!".  Il y a une légende de l’hivernage. Elle remonte aux premières expéditions polaires françaises initiées en 1947 par Paul-Emile Victor. Et elle continue.


Nous essayons, nous les furtifs, les éphémères, d’en ressentir toute la force, d’en humer le parfum. Mais il est 19 heures 30. L’heure de la soupe. Un moment à ne pas rater.

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