Mission en Terre Adélie #1 : les derniers préparatifs avant notre grand départ pour l'Antarctique

REPORTAGE - Une équipe de scientifiques français part cette semaine sur la base française Dumont d’Urville, dans l’Antarctique. TF1 les suivra sur place pendant plusieurs semaines. Vous pourrez suivez pas à pas les coulisses de cette expédition hors-norme grâce à nos journalistes sur place.

La base arrière des expéditions polaires françaises se trouve à Brest à l’Institut Paul-Emile Victor, l’IPEV. C’est là que se préparent toutes les campagnes vers la terre Adélie. On y remplit des containers de matériel et de vêtements qui vont partir d’abord en cargo vers Hobart en Tasmanie au sud de l’Australie avant d’être embarqués sur le navire océanographique l’Astrolabe qui assure 5 fois par an la liaison vers l’Antarctique. Il ne peut franchir les glaces et atteindre le continent que pendant la période de l’été austral. En dehors de cette période il risquerait de rester plusieurs mois bloqué dans la banquise. 


C’est à Brest que se retrouvent ceux qui  feront le voyage pour prendre leurs instructions. Certains, une vingtaine de personnes,  vont partir pour ce que l’on appelle "l’hivernage" ;  Ils passeront 15 ou 16 mois en Terre adélie avec une longue période d’isolement total entre le mois de mars et le mois de novembre. D’autres ne font que la campagne d’été et restent  2 ou trois mois. Parmi eux, des chercheurs comme Elodie Shloesing ornithologue qui va étudier les manchots Adélie, une espèce très sensible, considérée comme  sentinelle des effets du changement climatique. Au total l’IPEV accueille sur la base Dumont d’Urville une trentaine programmes scientifiques : le magnétisme, les glaciers, le climat, la biologie marine… 

En 1840, Dumont d'Urville décrit une mer envahie de montagnes de glace

Mais pour faire fonctionner la base Dumont d’Urville, où cohabitent en été environ 80 personnes, il faut aussi des électriciens, chaudronniers, cuisiniers, plombiers ou des boulangers comme Jérémy Lasmastres. Attiré par l’aventure lointaine, il quitte son travail dans un centre commercial près de Marne La Vallée pour aller faire le pain et, à l’occasion, les croissants, pour les habitants de ce petit bout de France au bout du Monde, à 20 000 kilomètres de Paris. 


Nous prendrons la 3ème rotation de l’Astrolabe au départ d’Hobart en janvier 2017 et nous les retrouverons sur place après 6 ou 7 jours pour franchir les 40èmes rugissants, les 50èmes hurlants et le cercle polaire, 2700 kilomètres dans les mers les plus tumultueuses de la planète. Les températures peuvent descendre jusqu’ à - 40°C  et pour éviter toute mauvaise surprise l’Institut Paul-Emile Victor fournit les vêtements : manteaux, bonnets, lunettes, gants et même des charentaises à tous les participants. Notre paquetage nous attend déjà sur le port de Hobart. Et nous attend aussi là-bas une partie de notre Histoire maritime. 


Le 1er janvier 1840, il y a 177 ans, le navigateur Jules Dumont d’Urville quittait la capitale de Tasmanie direction le pôle Sud à bord d’une corvette nommée l’Astrolabe, il n’y a pas de hasard ! Après avoir traversé une mer envahie de "montagnes de glaces" on ne parlait pas encore d’icebergs,  il sera le premier marin à voir et identifier le continent Antarctique.

Terre Adélie... un hommage à une femme prénommée Adèle

Le 21 janvier 1840 il y plante le drapeau français et donne à ce lieu le nom de Terre Adélie en pensant à sa femme Adèle qu’il n’avait pas vue depuis son départ de Toulon deux ans et demi plus tôt. 


Nous partirons dans les pas de Dumont d’Urville jusqu’aux portes du continent glacé.

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