Mission en Terre Adélie #11 : Début de roulis, le mal de mer s’empare de l’équipage

La mission Terre Adélie

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CARNET DE ROUTE - Une équipe de scientifiques français est partie la semaine passée sur la base française Dumont d’Urville, dans l’Antarctique. Tout au long du mois de janvier, nos reporters Michel Izard et Bertrand Lachat vous feront vivre cette aventure extraordinaire au pôle Sud. Voici la suite de leur périple.

14h30 après 24h nous avons parcouru environ 600 kilomètres à la vitesse de 12,5 nœuds soit 24 km/h. Navigation tranquille. Un vent de nord-nord-ouest nous pousse dans le bon sens, vers le sud. L’Astrolabe ne va pas contre les vagues. C’est une chance. 


En janvier 1840, à la même période de l’année, sur son Astrolabe, Jules Dumont d’Urville note dans son récit Voyage au pôle sud : "D’abord notre navigation sous les auspices les plus fâcheux. Les vents fixés au sud vinrent contrarier notre route… de fortes houles atteignant généralement 3 ou 4 mètres de hauteur, agitaient nos corvettes et nous fatiguaient horriblement." Aujourd’hui c’est calme. On ne voit que la mer à perte de vue.


Une routine s’installe. Il reste quatre jours de trajet. Certains jouent aux cartes ; d’autres bouquinent sur le pont arrière ; D’autres travaillent, comme Annabelle Kremer qui vient en Antarctique dans le cadre d’un programme pédagogique auquel 1000 élèves de collège vont participer. Objectif : montrer les enjeux et le fonctionnement de la recherche scientifiques dans une situation extrême. Mais Annabelle est un peu patraque. Bertrand Lachat mon partenaire cameraman de TF1 aussi !

Des massages pour soigner le mal de mer

C’est là qu’entre en scène Mathieu, le médecin de bord. Il distille des conseils - boire de l’eau, se reposer, se relaxer - et donne des médicaments, des cachets ou patchs à coller derrière l’oreille. Il prodigue aussi des micro-massages sur la nuque et les cervicales. Le mal de mer étant en partie lié à une perte d’équilibre, l’oreille interne est déboussolée et la tête a tendance à bouger pour compenser. Ces massages permettent ainsi d’atténuer un peu les effets. Je peux en témoigner. Quelques minutes pour détendre les muscles coincés ou tendus et cela va mieux ! Bertrand Le Chat aussi.


Eric le cuisinier n’a pas ce type de problèmes. Il prépare un magret de canard pour le repas. "Faut pas se laisser aller !" Grosse moustache grise, les yeux pétillants, jovial, Eric passe six mois sur l’Astrolabe et six mois chez lui en Bretagne. Il fait toute la campagne estivale de fin octobre à début mars. 10 ans sur l’Astrolabe déjà. Il connaît la musique. Il sait qu’il faut bien manger pour ne pas vomir. Et il s’adapte : "Au bout d’un moment je réduis les quantités. Certains ne viennent plus manger à cause du mal de mer." 


Les oiseaux nous accompagnent toujours : albatros en vol plané au ras des vagues ; puffin à longues ailes, noir dans l’écume du sillage. L’horizon ver le sud se nimbe d’un halo blanc. C’est le signe que nous allons vers le grand Sud. Le capitaine Stanislas Devorsine rectifie sa trajectoire pour éviter de prendre les vagues de plein fouet : "On fait un peu de kilomètres mais on ne perd pas de temps car c’est plus long quand on prend les vagues de plein fouet".  18h la mer forcit. Des creux de 2/3 mètres. Après le repas du soir, des creux de 4/5 mètres se forment dans l'eau . On nous annonce du gros temps pour la nuit. Les 50èmes hurlants vont peut-être mériter leur nom, les 40èmes n’ayant pas rugi. 

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