Responsabilité humaine, urgence à agir... : les réponses à 5 idées reçues sur le climat

Responsabilité humaine, urgence à agir... : les réponses à 5 idées reçues sur le climat

Beaucoup de thèses et d'idées reçues circulent sur le changement climatique. Il aurait des effets bénéfiques sur certaines régions du monde, la responsabilité de l'homme ne serait pas démontrée à 100%... Des arguments qui font les beaux jours des climato-sceptiques, mais qui sont régulièrement démontés par la communauté scientifique. Tour d'horizon.

• On n'est pas à la seconde près

Si ! L'Institut météorologique britannique a publié le 9 novembre un rapport dans lequel il estime qu'en 2015 la hausse des températures mondiales aura atteint 1°C par rapport à l'ère préindustrielle (1850-1900). L'objectif est maintenant de contenir l'élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C d'ici la fin du siècle. Or, si rien n'est fait le seuil sera dépassé bien plus tôt. "Nous avons peu de temps avant que la possibilité de rester sous les 2°C ne disparaisse" a déclaré le 2 novembre dernier Rajendra Kumar Pachauri, le président du Giec (Groupes d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Pour cela, les émissions de gaz à effet de serre, qui dans l'atmosphère ont atteint les niveaux les plus élevés depuis 800.000 ans, doivent être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et disparaître totalement d'ici 2100 indique le Giec. Car déjà "l'atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté" souligne Thomas Stocker, vice-président du Giec.

• Le changement climatique a des effets bénéfiques sur certaines régions du monde

Si certaines régions du monde sont vouées à disparaître sous les eaux ou à être asséchées, d'autres pourraient bénéficier d'un climat plus clément. C'est en tout cas ce que pensent certains, surtout dans les pays occidentaux, les moins menacés dans l'immédiat. Mais à terme, toute la planète souffrira du réchauffement. Si dans un premier temps des régions comme la Russie, la Canada ou le Grand Nord pourront produire davantage de céréales ou chercher du pétrole sous l'ancienne calotte glaciaire qui aura fondu, la sécheresse, les inondations, les maladies, les risques de conflits et la baisse des rendements agricoles concerneront toutes les régions du monde. Un rapport du Giec sur l'évolution du climat publié en mars 2014 explique que le changement climatique a un impact plus "négatif" que positif sur la production alimentaire, notamment les cultures de maïs, blé et riz. Bien sûr, à court ou moyen terme les pays du Sud sont les plus exposés. Le texte du Giec évoque des risques de pénuries d'eau en Afrique, Asie et dans le sud de l'Australie, mais aussi d'une pression accrue sur les ressources disponibles en Europe, notamment dans le sud du continent, qui sera soumis à une chaleur plus forte. Le tout pourrait augmenter les "risques de conflit violent" avec "une aggravation des facteurs classiques que sont la pauvreté et les chocs économiques".

• Le réchauffement climatique s'est arrêté en 1998

Il s'agit d'un des principaux arguments des climato-sceptiques : le réchauffement s'est arrêté il y a 17 ans, en 1998. Or, il est normal que des fluctuations soient détectables d'une année sur l'autre ou d'une décennie sur l'autre, explique un article du Monde. Cela ne remet pas en question la tendance lourde au réchauffement. Les fluctuations naturelles peuvent être causées par le volcanisme (les cendres occultent une partie du rayonnement solaire et ont un effet refroidissant) ou les phénomènes comme El Niño (réchauffant) et son antagoniste El Niña (refroidissant), qui surviennent tous les 3 à 7 ans. Et il se trouve qu'en 1998, le plus puissant El Niño du 20e siècle a provoqué une augmentation de la température mondiale donnant l'illusion d'un arrêt du réchauffement dans les années suivantes. Les techniques de mesure de la température ont également changé depuis la fin des années 1990. Ces dernières années les scientifiques ont déployé des bouées océanographiques qui ont mesuré des températures moins élevées que celles relevées par les bateaux, conduisant inévitablement à un refroidissement. 


Dominique Bourg, professeur à l'université de Lausanne et membre du comité stratégique de la fondation Hulot explique lui sur le site de TV5 Monde qu'"un réchauffement général peut se traduire par un refroidissement local. On parle ici de température mondiale moyenne et pas de ce que je ressens le matin quand je sors de chez moi ! Le climat n'est pas la météo. Pour vous donner un exemple, il y a 18.000 ans, dans le précédent âge glaciaire, on avait des glaciers jusqu'à Lyon et le sol était gelé en permanence jusqu'aux Pyrénées, tout cela avec une température moyenne de seulement 5 degrés de moins que la température moyenne du 20e siècle." 

• Le réchauffement, c'est à cause du soleil

Les climato-sceptiques avancent également que les variations de l'activité solaire expliquent le réchauffement climatique. Selon certains, l'augmentation de l'activité solaire ferait baisser la couverture nuageuse en altitude, réduisant l'effet de serre, ce qui aurait pour effet de refroidir la Terre, explique un article du Monde. Une thèse vite démontée par des spécialistes du climat, dans de nombreuses études. A Genève, le CERN a même lancé une expérience cherchant à reproduire les mécanismes par lesquels les rayons cosmiques pourraient contribuer à favoriser la formation des nuages, mais l'expérience n'a pas apporté de preuves qu'un tel phénomène puisse avoir un effet sur le réchauffement climatique. En conclusion, l'augmentation récente de la température n'a aucun lien avec l'activité solaire. Depuis six décennies, le Soleil est de plus en plus faible et les températures sont de plus en plus élevées. 

• Nous ne sommes pas sûrs de la responsabilité humaine dans le réchauffement

Là encore, plusieurs preuves irréfutables peuvent être avancées. Sur TV5 Monde, Dominique Bourg explique qu'"en même temps que la concentration de CO2 a augmenté dans l'atmosphère, la concentration d'oxygène a chuté de façon parallèle. Ceci prouve qu'il y a une combustion puisque produire de l'énergie thermique brûle l'oxygène. Et une combustion n'est pas un phénomène naturel, c'est donc forcément la main de l'homme qui est derrière cette augmentation de la concentration de CO2." Autre preuve énoncée par le scientifique : "Jusqu'à la fin des années 70 nous avons une courbe générale des températures qui suit la variabilité naturelle de l'activité solaire, et ça décroche à partir des années 70. Là nous n'avons pas d'autre explication que l'homme et ses activités industrielles."

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