Un ver revient d'un séjour dans l'ISS avec deux têtes

Un ver revient d'un séjour dans l'ISS avec deux têtes

DANS LE COSMOS - Afin de mieux connaître l'effet des voyages spatiaux, des scientifiques ont envoyé dans la Station spatiale internationale une colonie de petits vers. L'un d'eux, amputé de sa queue, a vu une tête pousser à la place. Une mutation rare, mais qu'il est impossible d'attribuer de manière certaine au séjour dans l'espace.

Un voyage dans l’espace, ça vous change un homme. Et aussi un ver. Pour une étude, des lombrics ont séjourné en 2015 pendant cinq semaines à bord de la Station spatiale internationale (ISS), à 400 km au-dessus du plancher des vaches. A leur retour sur Terre, les scientifiques ont découvert que l'un des spécimens, amputé de sa queue, a vu une tête pousser à la place. C’est une équipe de chercheurs de l’université américaine de Tufts, dans le Massachussets (Etats-Unis), qui a présenté en avril dernier cette étonnante découverte dans la revue scientifique Regeneration.


Le sujet, un ver plat amputé (Dugesia japonica) d’un centimètre de long, connu pour ses capacités de régénération rapide après une amputation. Au total, une dizaine de vers avaient été envoyés dans l'espace, un autre groupe dit de contrôle était quant à lui resté sur Terre. "En 18 ans d'observation d'une colonie de Dugesia japonica, nous n'avions jamais assisté à l'apparition spontanée d'une double tête", narre l'université dans un communiqué.

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Plus le séjour est long, plus les conséquences sont lourdes

En plus de constater ce phénomène de double tête, les chercheurs ont observé que certains des vers passés par l'ISS se séparaient en deux clones – un processus désigné sous le terme de scissiparité. Les sujets étaient également partiellement paralysés. Enfin, ils passaient plus de temps à la lumière que les spécimens restés sur Terre. Les scientifiques précisent toutefois qu'il est pour l'instant  impossible d'affirmer formellement que ces changements sont dus à la vie dans l'espace étant donné que le groupe resté sur Terre n'a pas vécu le voyage ni subi d'atterrissage, des conditions difficiles à reproduire de manière artificielle.

"Alors que les hommes vont connaître une transition et devenir une espèce spatiale, il est important de déduire l'impact des vols spatiaux sur notre santé dans l'intérêt de la médecine et du futur de la recherche spatiale", affirme ainsi, sur le site de l'université Tufts, Junji Morokuma, coauteur de l'étude. 


La NASA conduit une expérience similaire, entre l'astronaute Scott Kelly, qui est resté un an dans l'espace, et son frère jumeau resté sur Terre. Les expériences sur Thomas Pesquet menées au cours de ces derniers mois visent également à étudier et mieux comprendre les effets de l'espace au plus près, jusqu'aux cellules du corps humain.

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